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YCCallmeJulie
mes pérégrinations dans l'entertainment lesbien (et gay)
A l'heure américaine | 27.03.2012 - 10 h 59 | 3 COMMENTAIRES
La nouvelle heure américaine : semaine 13 – 2012

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Cette semaine fleure bon le hiatus avant le virage final de mai/juin, où les networks américains clôtureront l’année en fanfare avant de rentrer en semi-hibernation pour préparer la rentrée automnale. Ainsi, le stock d’épisodes d’Up All Night sera définitivement écoulé pour cette saison, laissant à ABC le temps d’évaluer si Christina Applegate et Will Arnett sont, contrairement à ce que l’on pourrait croire, des poissons d’audiences, ou s’il ne vaudrait mieux repartir sur une série avec Maya Rudolph en tête d’affiche – je vote pour l’option n°2. C’est l’heure aussi de l’évaluation pour House of Lies, pour laisser la place à des valeurs sûres plus sûres pour la chaîne en matière de comédie – audimat-iquement parlant. Enfin, Alcatraz, qui se termine cette semaine sur un double épisode, n’a même pas, quant à elle, eu les honneurs d’une saison complète, et ce sera l’occasion de questionner – à raison – le label « J.J. Abrams » comme facteur de succès garanti.

Sur ABC Family, l’été est déjà arrivé avec le retour conjoint de Make It Or Break It pour sa troisième saison – je dis ça pour la forme, et risque de ne pas y revenir la semaine prochaine car je n’ai jamais rencontré ou lu une personne qui suivait ça – et surtout de The Secret Life of the American Teenager pour la suite et fin de sa saison 4. Je suis sûr que plein de gens attendaient avec impatience (notamment celles et ceux qui -avouez!- regardaient Sept à La Maison, la créatrice étant la même) les pérégrinations d’Amy, mignonne hyper-conservatrice, pro-life et super-féministe qui se retrouve enceinte à 15 ans, dans un monde où le choix ne saurait se substituer au Devoir de La Création, où les salopes sont latina et les vertueuses pure WASP.

La grosse bagarre de la semaine arrive dimanche. Non content d’avoir lancé Mad Men la semaine dernière par un double épisode, AMC met les bouchées doubles puisqu’en plus de la série multi-récompensée, elle diffusera à la suite le season premiere de la saison 2 d’un autre de ses grands succès, le remake de la série danoise The Killing, encore une fois sous la forme d’un double épisode. Il faut dire, il faut bien au moins ça pour contrecarrer le mastodonte Game of Thrones, qui, je suis prêt à parier vu le succès outre-Atlantique, va connaître un succès encore plus massif que l’an dernier. Il faut dire, HBO en a bien besoin et a mis le paquet niveau promo – overdose de bandes-annonces d’ailleurs, en voilà une parmi d’autres, mais faites votre votre choix:

Enfin, outre-Manche, Skins termine son avant-dernière saison en promettant de se clore notamment, l’année prochaine, sur le retour d’anciens de la série.

Par ailleurs, si vous avez remarqué des doublons (épisodes annoncés la semaine dernière), ou c’est moi qui ne sait ni lire ni compter, ou bien, avec des renouvellements qui se font plus attendre qu’à l’accoutumée, les chaînes gèrent tant bien que mal ce qu’il reste d’une série pas très fameuse pour leurs portefeuilles, et ont visiblement avancé ou reculé certains de leurs programmes.

Lundi 26 mars :

  • Alcatraz 1.12 & 1.13 – Garrett Stillman / Tommy Madsen (season finale)
  • Castle 4.18 – 47 Seconds
  • Gossip Girl : diffusion de l’épisode 5.18 le 2 avril
  • Hart of Dixie : diffusion de l’épisode 1.17 le 9 avril
  • House : diffusion de l’épisode 8.15 le 2 avril
  • How I Met Your Mother : diffusion de l’épisode 7.20 le 16 avril
  • Skins (GB) 6.10 Finale (season finale)
  • Smash 1.08 – The Coup
  • The Secret Life of the American Teenager 4.14 – Smokin’ Like A Virgin
  • 2 Broke Girls : diffusion de l’épisode 1.20 le 9 avril

Mardi 27 mars :

  • Body of Proof 2.19 – Going Viral, Part 2
  • Cougar Town 3.07 – You Can Still Change Your Mind
  • Glee : diffusion de l’épisode 3.15 le 10 avril
  • Justified 3.11 – Measures
  • New Girl 1.18 – Fancyman (Part 2)
  • Raising Hope 2.19 – Hogging All The Glory
  • Ringer 1.19 – Let’s Kill Bridget
  • The River pas de diffusion de l’épisode cette semaine
  • Unforgettable 1.19 – Allegiances
  • 90210 4.20 – Blue Ivy

Mercredi 28 mars :

  • Are You There, Chelsea? 1.12 – Surprise
  • Bent – 1.03 & 04 – HD/A-Game
  • Happy Endings 2.20 – Big White Lies
  • Law & Order : SVU : diffusion de l’épisode 13.17 le 11 avril
  • Make It Or Break It 3.01 – Smells Like Winner (season premiere)
  • Modern Family : diffusion de l’épisode 3.19 le 11 avril
  • Revenge : diffusion de l’épisode 1.18 le 18 avril
  • Suburgatory : diffusion de l’épisode 1.19 le 11 avril
  • The Middle : pas de diffusion de l’épisode cette semaine

Jeudi 29 mars :

  • Awake 1.05 – Oregon
  • Community 3.13 – Digital Exploration of Interior Design
  • Grey’s Anatomy : diffusion de l’épisode 8.18 le 5 avril
  • Parks and Recreation : diffusion de l’épisode 4.19 le 19 avril
  • The Big Bang Theory 5.20 – The Transporter Malfunction
  • The Secret Circle 1.18 – Sacrifice
  • The Vampire Diaries 3.18 – The Murder of One
  • Touch 1.03 – Safety In Numbers
  • Up All Night 1.22 – Letting Go (season finale)
  • 30 Rock 6.15 – The Shower Principle

Vendredi 30 mars :

  • Blue Bloods 2.18 – No Questions Asked
  • Fairly Legal 2.03 – Bait and Switch
  • Fringe 4.16 – Nothing As It Seems
  • Grimm 1.15 – Island of Dreams
  • Nikita 2.18 – Power
  • Spartacus : Vengeance 2.10 – Wrath of the Gods
  • Supernatural 7.18 – Party On, Garth

Samedi 31 mars :

  • The Firm 1.12 – Twelve

Dimanche 1er avril :

  • Desperate Housewives 8.19 – With Little To Be Sure Of
  • Californication 5.12 – Hell Ain’t a Bad Place to Be
  • GCB 1.04 – A Wolf In Sheep’s Clothing
  • Game Of Thrones 2.01 – The North Remembers
  • Harry’s Law : diffusion de l’épisode 2.16 le 8 avril
  • House Of Lies 1.12 – The Mayan Apocalypse (season finale)
  • Lost Girl (CA) 2.22 – Flesh and Blood
  • Mad Men 5.03 – Tea Leaves
  • Once Upon A Time 1.18 – The Stable Boy
  • Shameless (US) 2.12 – Fiona, Interrupted (season finale)
  • The Good Wife : diffusion de l’épisode 3.20 le 15 avril
  • The Killing 2.01 & 2.02 – Reflections (season premiere) / My Lucky Day
A l'heure américaine | 19.03.2012 - 17 h 39 | 5 COMMENTAIRES
La nouvelle heure américaine : semaine 12 – 2012

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Fin du SingleWhiteBitchesCandidate commencé cette semaine par Eve H., Hedy C.  les toutes a tuées! [J.F. partagerait appartement]

Une bonne odeur de sapin tapit cette semaine. On commencera par faire ses adieux à Luck – enfin, celles et ceux qui ont le courage d’enchaîner après le pilote tellement ambitieux qu’il n’a pas manqué d’en faire fuir beaucoup : la série de David Milch (qui va bientôt réussir à supplanter Tim Minear dans la catégorie « producteur qui tue tout ce qu’il touche ») et Michael Mann a été annulée cette semaine à cause de la mort successive de trois chevaux pendant le tournage. La série s’achèvera donc cette semaine, et les deux épisodes de la saison 2 déjà tournés ne seront probablement jamais diffusés étant donné que la chaîne annonce le retour de Game of Thrones dès le 1er avril.

Dans une ambiance plus parfumée sang couleur rose bonbon et brillant à lèvres pailleté, ABC Family diffuse cette semaine le dernier épisode de la saison 2 de Pretty Little Liars où l’on saura enfin « qui-a-tué-qui-mais-surtout-pourquoi-celui-qui-avait-le-béguin-pour-celle-qui-couchait-avec-celle-qui-qui-qui… ».

Dans le registre morbide absolu, NBC balance en catimini un bouche-trou pour lequel il n’y a aucun espoir : Bent, une sitcom où Amanda Peet incarne une brillante «executive woman» qui élève seule sa fille de dix ans après l’emprisonnement de son ex-mari. Elle engage entrepreneur (David Walton) pour rénover sa cuisine, lequel est affublé d’une réputation de joueur et d’homme à femmes. Su-per. Je comprends même pas comment un tel pitch a pu être retenu. D’ailleurs, la chaîne n’y croit pas non plus puisqu’elle liquidera le stock de six épisodes à raison de deux par semaines.

Enfin, last but not least, qui dit mort aussi parfois résurrection. Ainsi, alors que les zombies de The Walking Dead viennent juste de tirer leur révérence, la chaîne AMC compte bien continuer à capitaliser sur le succès monstre de la série en enchaînant immédiatement avec tout simplement le retour le plus attendu de l’année, soit bien sûr celle de Mad Men, après presque un an et demi d’absence, laquelle, preuve de sa qualité, n’a même pas besoin d’un rattrapage pour nous rappeler le souvenir de la coda (controversée) sur laquelle elle avait achevée sa saison dernière. Pour la première fois, sera diffusé un épisode de deux heures en guise d’introduction à la nouvelle. Elle aura d’ailleurs bien besoin de profiter de l’évènement puisque, comme annoncé ci-dessus, HBO a déjà préparé sa riposte pour la semaine prochaine.

Enfin, ont été aussi opérés quelques corrections (OK, plein!), quelques rajouts plus ou moins dispensables et réparations d’oublis (merci Juls!) .

Lundi 19 mars :

  • Alcatraz 1.11 – Webb Porter
  • Castle 4.18 – A Dance with Death
  • Gossip Girl : diffusion de l’épisode 5.18 le 2 avril
  • Hart of Dixie : diffusion de l’épisode 1.17 le 9 avril
  • House 8.14 – Love Is Blind
  • How I Met Your Mother 7.19 – The Broath
  • Pretty Little Liars 2.25 – UnmAsked (season finale)
  • Skins (GB) 6.09 – Mini and Franky
  • Smash 1.07 – The Workshop
  • 2 Broke Girls 1.19 – And The Spring Break

Mardi 20 mars :

  • Body of Proof 2.18 – Going Viral, Part 1
  • Cougar Town 3.06 – Something Big
  • Glee : diffusion de l’épisode 3.15 le 10 avril
  • Justified 3.10 – Guy Walks Into A Bar
  • New Girl 1.17 – Fancyman (Part 1)
  • Raising Hope 2.19 – Hogging All The Glory
  • Ringer 1.19 – Let’s Kill Bridget
  • Southland 4.10 – Thursday
  • The River 1.08 – Row, Row, Row Your Boat
  • Unforgettable 1.18 – The Comeback
  • 90210 4.20 – Blue Ivy

Mercredi 21 mars :

  • Are You There, Chelsea? 1.11 – Boots
  • Bent – 1.01 & 02 – Pilot/Smitten
  • Happy Endings 2.19 – You Snooze, You Bruise
  • Law & Order : SVU : diffusion de l’épisode 13.17 le 11 avril
  • Modern Family : diffusion de l’épisode 3.19 le 11 avril
  • Revenge : diffusion de l’épisode 1.18 le 18 avril
  • Suburgatory : diffusion de l’épisode 1.19 le 11 avril
  • The Middle : pas de diffusion de l’épisode cette semaine

Jeudi 22 mars :

  • Awake 1.04 – Kate Is Enough
  • Community 3.12 – Contemporary Impressionists
  • Grey’s Anatomy 8.18 – The Lion Sleeps Tonight
  • Parks and Recreation : diffusion de l’épisode 4.19 le 19 avril
  • The Big Bang Theory : diffusion de l’épisode 5.20 le 29 mars
  • The Secret Circle 1.17 – Curse
  • The Vampire Diaries 3.17 – Break On Through
  • Touch 1.02 – 1+1=3
  • Up All Night 1.21 – Daddy Daughter Time
  • 30 Rock 6.13 – Grandmentor

Vendredi 23 mars :

  • Blue Bloods : diffusion de l’épisode 2.18 le 30 mars
  • Fairly Legal 2.02 – Start Me Up
  • Fringe 4.15 – A Short Story About Love
  • Grimm : pas de diffusion de l’épisode cette semaine
  • Nikita 2.17 – Arising
  • Spartacus : Vengeance 2.09 – Monsters
  • Supernatural 7.17 – The Born-Again Identity

Samedi 24 mars :

  • The Firm 1.11 – Chapter Eleven

Dimanche 18 mars :

  • Desperate Housewives 8.18 – Any Moment
  • Californication 5.11 – The Party
  • GCB 1.03 – A Wolf In Sheep’s Clothing
  • Harry’s Law 2.15 – Search and Seize
  • House Of Lies 1.11 – Business
  • Lost Girl (CA) 2.21 – Into The Dark
  • Luck 1.09 (series finale)
  • Mad Men 5.01 – A Little Kiss (season premiere)
  • Once Upon A Time 1.17 – Hat Trick
  • Shameless (US) 2.10 – Just Like the Pilgrims Intended
  • The Good Wife 3.19 – Blue Ribbon Panel
Veni Vidi Movie | 16.03.2012 - 14 h 49 | 0 COMMENTAIRES
mode et cinéma : Tilda Swinton, un biopic sur Saint-Laurent et Bergé, la tentation de la « pixie cut »

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Contrairement à ce que l’on pourrait croire, Jo S. n’est pas aussi imbue d’elle-même, ni n’a les dents aussi longues que les clichés sur sa fonction inspirent d’habitude. Elle a d’ailleurs commencé dans un univers tout à différent, dans une librairie du Quartier Latin. Or, c’est justement, et paradoxalement, cette humilité, additionnée à sa pétulance toute juvénile, qui la font la remarquer et la propulse spécialiste des tendances de la mode et amie des people, rôle qu’elle assume à son corps défendant mais auquel elle se donne avec une authenticité inaltérable et avec un sincère dévouement. C’est la belle ingénue dans toute sa splendeur. D’ailleurs, elle en est peut-être un peu agaçante à nos yeux de pauvres vieux aigris que nous sommes, voire insolente – mais aussi touchante, donc, par son absence de délicatesse, de savoir des usages de la bienséance et de la politesse hypocrite. [Drôle de frimousse]

 J’adorerais voir Tilda Swinton, cette année encore, monter les marches pour nous éblouir de sa stature de déesse à la fois approchable et hors de ce monde, de son sens inné d’élégance sans effort qu’elle a encore démontré cette semaine à Paris chez Lanvin, et, plus encore, chez Haider Ackermann. C’est incroyable qu’une femme de son âge nous file les plus grands complexes de nous autres, passionnées de mode mais qui semble-t-il avons un long chemin à parcourir, si tant est que nous arrivions un jour à parfaire à un tel niveau l’évidence d’être soi-même sans jamais émuler une autre, ni prouver quoi que ce soit à quiconque, et d’atteindre un tel degré de perfection esthétique. Celle-ci n’est pas un absolu en soi, mais quand on a la preuve qu’elle peut exister, et de façon aussi brute et insécable, impossible d’ignorer cet idéal, et il n’est même pas besoin de l’imiter: Tilda nous montre que la plus grande beauté qu’on puisse laisser transparaître est d’ être en accord avec soi-même.

D’ailleurs, en parlant de cinéma, il y avait une autre grande nouvelle cette semaine, pour la maison Yves Saint-Laurent, en plus de l’arrivée d’Hedi Slimane en remplacement de Stefano Pilati. Ainsi, deux ans après le documentaire Yves Saint-Laurent, l’amour fou, Wy films a annoncé la mise en chantier d’un long-métrage de fiction, cette fois-ci, sur le mythique grand couturier et de son associé, Pierre Bergé, avec aux commandes de celui-ci, le tout émoustillant Jalil Lespert, fort du succès récent de son deuxième long-métrage en tant que réalisateur Des Vents contraires.

Bon, là, c'est Marc Jacobs et Peter Marino à l'expo Louis Vuitton, mais que ce serait chouette si ça ressemblait à ça!

« On m’a souvent proposé de faire un film de fiction sur Yves et moi-même. Je n’avais jamais été convaincu des différents projets » a commenté l’inamovible compagnon de route de l’homme à lunettes, et de poursuirve  « Jalil Lespert est venu me voir avec sa sensibilité, son enthousiasme, sa vision créatrice, j’ai vite compris que j’avais face à moi le réalisateur capable de raconter cette histoire ».  Peut-être qu’un jour il faudrait que je devienne à mon tour grande couturière, ou mécène d’un(e), j’adorerais un jour un Jalil Lespert venir me voir avec « son enthousiasme » et « sa sensibilité ». Hihi!

Sinon, j’aurais mon petit mot à dire sur cette « mode » des cheveux courts, de la « pixie cut » chez les jeunes premières. Certes, ça va bien sur certaines (moi, par exemple, ça me fait ressortir mes traits et me va comme un gant), mais pas forcément sur toutes d’entre nous. Je sais qu’Emma Watson l’avait fait pour auditionner pour le rôle de Rooney Mara dans Millenium, mais ça fait un moment qu’elle n’a plus d’excuse. Elle pourrait arguer que ça le ferait aussi pour donner une touche « badass » dans son prochain rôle dans le prochain Sofia Coppola, mais aucune des filles du « Bling Ring » (dont s’inspire le film et auquel il lui donne le titre) n’a les cheveux aussi courts. Et surtout, je ne trouve pas que ça lui aille mieux que ses jolies bouclettes, enfin, c’est un avis, et mon conseil. Je donnerais le même conseil à Léa Seydoux, qui a une des chevelures les plus splendides de l’industrie. Alors certes, dans ce cas, le tournage prochain de Le Bleu est une couleur chaude pourrait le justifier, mais c’est poussé trop loin: on dirait plutôt qu’elle va jouer Jean Seberg ou Twiggy là! Bon, ça n’enlève presque rien à sa beauté, mais elle vont me manquer ces boucles blondes.

Celle qui n’a aucune excuse, par contre, et qui doit arrêter sur le champ, c’est Dianna Agron, elle qui fut si belle autrefois si elle avait été sans le savoir la référence pour le personnage de Serena van Der Woodsen : désormais, elle ressemble au mieux à Hillary Clinton, au pire à Claire Chazal. De plus, elle est loin d’avoir la carrière et les opportunités des deux jeunes actrices sus-citées. En repoussant ses cheveux, elle pourrait marcher sur les pas d’Amber Heard. Bon, celle-ci n’a non plus la carrière ultime de la jeune première, mais je ne vois pas, pour l’instant, à quoi de plus elle pourrait inspirer. En parlant de cette dernière, d’ailleurs, je n’ai rien à dire, elle est par-faite. Mais alors, vraiment. Alors, du coup, je ne comprends pas son obsession à « jouer » les sex-symbols de façon aussi ostentatoire quand elle n’en a clairement pas besoin, vu la beauté qu’elle irradie. Donc, mon conseil, mesdemoiselles et mesdames: courts ou longs, prenez garde aux tendances et soyez conscientes de ce qui vous valorise ou non. Non pas pour le regard des autres, surtout pas des hommes ni des autres femmes non plus, mais parce que vous savez, en vous regardant dans le miroir, ce qui vous correspond, ce qui potentiellement le peut ou ne le peut pas. Ça ne sert à rien de jouer les icônes de mode, on l’est, ou le devient, parce que l’on est propre à soi-même. A ce sujet, un dernier mot à Charlotte Gainsbourg : tu es magnifique, et Nicolas Ghesquière est souvent inspiré. Votre association relève souvent du génie mais ce message t’est adressé, peut-être plus encore à toi qu’à d’autres : on te l’a dit et redit, un blouson en cuir, un marcel blanc et un jean, et tu es une déesse. Nicolas a parfois un talent fou, mais des fois, si vraiment tu ne saisis pas ce qu’il voit, peut-être vaut-il mieux écouter cette petite voix dans ta tête qui te dit: « Sois juste toi-même »!

Veni Vidi Movie | 16.03.2012 - 12 h 01 | 13 COMMENTAIRES
« Bye Bye Blondie » : quand on n’a que l’amour à s’offrir en partage

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Hier soir, dans le cadre du « Jeudi, c’est gay-friendly » organisé par Yagg, j’ai découvert, comme les spectateurs de la salle 1 pleine à craquer du Gaumont Opera Premier, le troisième film de Virginie Despentes : Bye Bye Blondie. Avant de m’étendre sur ce projet attendu par la communauté et les fans de cette figure littéraire punk-trash qu’est Despentes, je me dois de préciser que je n’ai pas lu le roman éponyme duquel est adapté le film.

Ceci étant posé, la première chose que j’aurais envie d’écrire est : Bye Bye Blondie n’est pas un film lesbien. Quoi? Mais, elle a fumé la neige YCCallmeJulie? Le pitch c’est quand même ça : « Gloria (Béatrice Dalle) et Frances (Emmanuelle Béart) se sont rencontrées dans les années 80. Elles se sont aimées comme on s’aime à seize ans : drogue, sexe et rock&roll. Puis la vie les a séparées, et elles ont pris des chemins très différents. Vingt ans après, Frances revient chercher Gloria… »

J’argumente donc : Bye Bye Blondie raconte une histoire d’amour, avant tout. Et Despentes, qui nous fait plaisir – précisant hier soir que la visibilité des personnages gays et lesbiens au cinéma se réduit au profit d’une production familiale, a pris la décision de faire d’un des protagonistes de son roman une femme.  Mais le film n’est pas pensé comme un film lesbien, comme une de ces productions qui veut absolument parler des LGBT, chose qui n’est pas un mal en soi. Mais Dieu que cela fait du bien de voir un film où il se trouve que l’intrigue pourrait aussi bien marcher avec un couple hétéro qu’avec un couple homo. Pour ma part, c’est libératoire : c’est juste comme ça et il n’y a pas besoin de justifier.

Autre réflexion que j’ai envie de vous soumettre à propos de Bye Bye Blondie : une grande réalisation avec une mauvaise histoire ne fait pas un bon film et, à contrario, une bonne histoire avec une réalisation moyenne ne fait pas un mauvais film ; et c’est cette dernière proposition que je retiens. L’intrigue est puissante en ce qu’elle réussit le tour de force de nous faire croire à une rencontre improbable  – entre ce qu’on qualifierait dans les années UMP d’une ratée et d’une bourge décomplexée – qui tient sur un seul argument : l’esprit punk. Mais c’est quoi l’esprit punk ? De ce que nous montre Despentes, c’est d’abord la rage adolescente d’une Gloria hystérique, boostée au Berurier Noir, qui fait un séjour en HP parce qu’elle n’a pas la capacité de la mettre en veilleuse comme Frances, elle, issue de la bourgeoisie et qui s’oppose au carcan familial par l’expression de son homosexualité. Si rencontre il y a, c’est parce que Frances tombe sous le charme du « no limit » de Gloria qu’elle séduit par une attitude de petite butchette sûre d’elle assez savoureuse. Ce qui unit les deux adolescentes, c’est la liberté, l’absence de responsabilités sociales que représente l’esprit punk (au regard de ce nous impose la société moralisante d’aujourd’hui, on a tous envie de traîner sur un terrain vague, à boire de la Kro en écoutant « Beaucoup de libertés » de la Souris Déglinguée) . Si la réalisation n’est pas sidérante, Despentes rend un hommage nostalgique à la période punk dans un montage à l’image salie et granuleuse qui résume le bonheur adolescent des deux héroïnes et se perd en gros plans sur des visages pépères que viennent rehausser des coupes de cheveux qui appellent, aujourd’hui, le sourire.

Si je parle d’une réalisation moyenne, c’est surtout du au premier quart d’heure du film qui, il faut bien le dire, m’a fait pousser un : « oh merde, c’est quoi ce téléfilm? » Béatrice Dalle balance des affaires dans la cour d’un immeuble, signe de la rupture avec son mec, avant de rejoindre un squat bar/atelier d’artiste. Là, via notamment le personnage de la serveuse, Despentes introduit le personnage de Frances (et de son mari) qui trône sur la couverture d’un magazine. On a à peine le temps d’apprendre que Gloria connaît Frances et hop, cette dernière se pointe sur le palier. Bref, ces retrouvailles sont téléphonées et torchées. S’ensuit rapidement un premier flash-back (le film alterne constamment entre le temps présent et le temps passé du comment et ce qu’ont vécu les deux adolescentes) qui nous montre Gloria faire une crise d’hystérie sous les regards ahuris de ses parents. Une autre angoisse me monte : « zut, j’aime pas ce déballage de pathos ». Mon a priori se renforce quand je subis à l’image une Béatrice Dalle et une Emmanuelle Béart, jouant – toujours dans ce premier quart d’heure – assez mal les affres de la passion.

Puis, plus on avance et plus le film se met à respirer. Via d’abord la présence de Pascal Gregory, mari de convenance et romancier gay, qui entretient néanmoins un véritable amour/amitié avec Frances. Sa préciosité (en opposition à la férocité de Gloria) apporte quelques saynètes rafraichissantes, notamment celle de son rituel japonais d’auteur bloqué. La fraicheur vient également des flash-backs et de l’excellent jeu, pour le coup, de la jeune Gloria (Stéphanie Sokolinski) et de la jeune Frances (Clara Ponsot).

Enfin, je voudrais saluer le choix de Despentes : même si je ne suis pas renversée par le jeu de Dalle et de Béart, je trouve que symboliquement le casting est réussi. Les deux actrices sont deux beautés, deux révélations des années 80 : l’une avec 37,2° le matin (1985) et l’autre avec Jean De Florette (1986). Despentes est connue pour son goût de la phrase choc. La violence dans Bye Bye Blondie n’est pas verbale mais visuelle : oui, c’est le choc que de voir ces deux visages en gros plans, qui sont marqués, ont perdu leur beauté d’antan. Et ce n’est pas un hasard si, au cours d’une scène de rupture dans une boîte lesbienne, Despentes glisse une reprise par Sasha Andres et Lydia Lunch du titre de Léo Férré : « Avec le temps ». Oui tout fout le camp, y compris le physique. Alors que reste-t-il ? l’amour. Despentes nous sert un happy-end revendiqué auquel on croit, malgré les gueules vieillissantes, malgré les différences sociales, malgré les conventions. Et le titre qui me vient à l’esprit pour décrire cet amour ne peut être que celui chanté par Brel :

Quand on n’a que l’amour
A s’offrir en partage
Au jour du grand voyage
Qu’est notre grand amour
Quand on n’a que l’amour
Mon amour toi et moi
Pour qu’éclatent de joie
Chaque heure et chaque jour
Quand on n’a que l’amour
Pour vivre nos promesses
Sans nulle autre richesse
Que d’y croire toujours

P.S. : je ne vous colle pas la bande-annonce du film en fin de post, parce que franchement, je ne trouve pas qu’elle donne envie de voir le film et c’est bien dommage.

Veni Vidi Movie | 15.03.2012 - 11 h 04 | 0 COMMENTAIRES
Festival de Cannes : retour sur le certain regard d’ « Oslo 31 Août » et rumeurs sur la sélection 2012

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Hildy J. est une femme brillante, à la fois en avance sur et en phase avec son temps. Elle parle avec une gouaille inimitable, un débit de mitraillette, un charme volatile mais percutant et ensorceleur, ne craint pas la domination des hommes, mais juste à leur montrer qu’elle peut être l’égale, voire plus, des Henry C., Jean-Marc L, Stéphane B. et autres Serge D. de ce monde. Elle n’a toutefois pas besoin de les imiter, elle est juste satisfaite d’être elle-même et en ça, ironiquement, elle pourrait très devenir califesse à la place de la califesse, ou très vite suppléer à l’arriviste, la « déjà vieille » Eve H. Enfin, peut-être aussi est-elle un peu prétentieuse sur les bords. [La Dame du vendredi]

Depuis partout, et toujours, le cinéma n’a cesse de célébrer la suprématie de la jeunesse, de l’adolescence et la post-adolescence, comme si elle représentait le climax de l’existence, sa quintessence, sa raison d’être. Il semble aussi difficile hier qu’aujourd’hui de dépasser la simple fonction de « divertissement »: le grand spectacle étant surtout admiré pour ses vertus d’échappatoire. Ah, puissance de l’éphémère! La technologie se perfectionne comme pour toujours plus relativiser la qualité de la notion de « réel » et la marque du temps. Or, que se passe-t-il quand on a justement passé sa jeunesse à consumer la vie par les deux bouts, comme si demain ne pouvait être qu’autre chose qu’une abstraction intangible, une impossibilité tactile qu’il fallait ignorer pour « embrasser le présent » qui n’existerait que par lui-même, et qu’on se réveille un jour, adulte désaxé dans un monde qui vit à sa propre allure sans vraiment s’attacher à la myriade des infinies particularités des existentialismes appréhendés selon et pour chaque être? Comment se reconstruire quand on s’est peu à peu laissé dériver des autres et de leur inexorable marche en avant? Comment se relever après avoir subi la meurtrissure de l’échec personnel et qu’on a plus la même force qu’auparavant pour construire et entreprendre, ou peut-être même le courage, la témérité que nous permettait notre inexpérience?

Ces questions sont toutes savamment travaillées autour du très beau film du norvégien Joachim Trier, Oslo, 31 août, adapté du même roman de Drieu La Rochelle qui servit Le Feu Follet de Louis Malle. On y suit ici les vingt-quatre heures de la vie d’Anders (Anders Danielsen Lie) un jeune trentenaire  tout juste sorti de cure de désintoxication,  issu d’un milieu plutôt aisé mais et qui s’est perdu en cours de route dans le confort de la chaleur trompeuse de l’héroïne. Jeune, mais plus tout à fait, et ne se sentant certainement plus comme tel, il reprend contact avec ses proches, tous plus ou moins installés dans leurs petites vies confortables, et s’obstine à reprendre contact avec celle qui fut son grand amour. Instruit et intelligent, il ne perçoit pas forcément ses qualités comme étant forcément un avantage. Chez lui, elles se traduisent par un trop-plein de lucidité qui l’empêchent d’avoir la force de lutter, et en cela, l’aveuglent sur la réalité ou son manque de potentiel (qu’il semble voir, peut-être à tort, trop clairement que les autres).

Aussi joyeux qu’est le film, il ne tombe jamais dans la sécheresse coupante qu’on peut attendre d’un projet sur un ex-drogué. Son addiction, d’ailleurs, est sûrement moins le sujet principal que sa solitude, ou du moins son profond sentiment de solitude, qui l’empêche d’émerger ou de s’immerger dans cet état, comme le montre une scène pathétique, mais sans jugement, au début. Cette solitude est accrue par l’incapacité que ses liens les plus tangibles avec sa « vie d’avant » semblent incapables de réellement percer le mystère de sa mélancolie à la fois criante et sourde. Son meilleur ami ne cesse de mettre les pieds dans le plat par excès de légèreté. C’est ce qui se passe paradoxalement le mieux pour Anders, mieux que la précaution inconsciemment cruelle bien que prudente que d’autres, comme sa sœur, tiennent. Cette soeur, qui est si bien installée dans sa vie qu’elle prend peur d’être « atteinte » de déception, envoie ainsi une ancienne amie avec qui elle vient de renouer déjeuner avec son propre frère, sans se douter de l’impact (ou le minimisant) de l’envoi d’un intermédiaire. Les autres amis sont presque installés avec maris femmes et/ou enfants, ou au pire, ou dans l’acceptation du status quo opéré par le travail du temps et de la nécessité de l’avant. Quant aux promesses offertes par la rencontre d’une ancienne petite amie, ou d’une jeune fille tout juste à l’aune de sa « vie d’adulte », elles renvoient le trentenaire à son inquiétude étrange mais constante, à l’amertume d’un miroir trop évanescent pour ne pas lui rappeler la fragilité de cette insouciance.

Il ne faut pas croire que le film est glauque et désespéré dans l’absolu, la tendresse est proéminente même, que dans ce soit dans le regard du cinéaste sur son personnage, dans la mise en scène, dans l’ambiance et le ton du film. Or, c’est peut-être cette subjectivité qui rend le parcours plus angoissant pour le spectateur, comme si toute cette douceur ne pouvait être que fausse et destinée à être détruite, comme une tension sous-jacente que l’on devine par les choix de scénario et montage. Le film est très sophistiqué à ce sujet. On n’est jamais dans l’exposé et, souvent, la mise en scène se projette dans le regard, l’imaginaire de son protagoniste (la scène du café où il écoute, s’absorbe des expériences autres, ou invente leurs possibles). En somme, voilà un très beau film sur « tous les idées, les maux abîmés », sur le fait d’être d’une « génération désenchantée » – au passage, la bande-son est excellente.

Le film faisait partie de la selection « Un Certain Regard » l’année dernière et on espère que le cru cannois de cette année offrira  d’aussi belles surprises. Un mois avant l’annonce des sélections officielles, les rumeurs courent inévitablement et progressivement sur toutes les lèvres, se dégonflent ou s’affirment. On a en tout cas eu le top départ cette semaine, avec l’annonce du film d’ouverture, Moonrise Kingdom, de Wes Anderson, qui, sans grande surprise, promet donc une belle montée des marches dès le lancement: Bruce Willis, Edward Norton, Frances McDormand, Harvey Keitel, Tilda Swinton et Bill Murray.

Les annonces des distributeurs précisent d’autres films sur les radars: Cosmopolis de David Cronenberg, avec Robert Pattinson, Paul Giamatti, Samantha Norton, Sarah Gaddon, Mathieu Amalric et Juliette Binoche, annoncé pour le 23 mai, De Rouille et d’os, de Jacques Audiard, avec Marion Cotillard, Matthias Schoenarts, Céline Sallette et Bouli Lanners, avancé au 17 mai, ou encore Sur la route de Walter Salles (voir l’article de jaydee). On peut voire même espérer The Master de Paul Thomas Anderson, avec Joaquin Phoenix, Philip Seymour Hoffman, Amy Adams et Laura Dern, qui semble terminé – les frères Weinstein envisagent sérieusement de sortir le film en octobre, mais on peut d’ores et déjà faire une croix sur The Grandmasters de Wong Kar-Wai, l’Arlésienne déjà attendue l’année dernière et qui ne pourra être prête avant grand minimum décembre. Il y a bien évidemment nombre d’autres rumeurs plus ou moins bien fondées, mais attendons un peu avant de se gaver dans le jeu des pronostics.

Théâtre | 14.03.2012 - 15 h 24 | 0 COMMENTAIRES
« Grand et Petit » : Cate Blanchett pour la première fois sur les planches françaises

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Margot T. est une jeune femme taciturne, qui fut une enfant prodige, qui écrivait des chef-d’oeuvres précoces sous ses couvertures avant d’être adoptée par une famille richissime, ce qui la fit rapidement glisser dans un spleen permanent et se lover dans le bovarysme d’un mariage bourgeois. Elle ne s’est jamais remise d’avoir bénéficié jusqu’à l’excès des privilèges offerts par ses connections familiales, le jour où elle reçut, au nez et à la barbe de ses quatre concurrentes toutes plus méritantes, la récompense suprême lors d’une cérémonie de remise de prix. Elle en est réduite aujourd’hui à jouer les secrétaires dans de grandes productions. [La Famille Tenenbaum]

Quelqu’un pourrait m’expliquer le culte qui existe autour de The Rocky Horror Picture Show? Je devrais peut-être le voir, un de ces jours, mais en dehors de la célébration rituelle faite au Studio Galande. Quelque chose doit m’échapper, que je ne cerne pas, comme la fascination pour le monde de Broadway, ou Lana del Rey, la reconnaissance du film Slumdog Millionnaire… Il y a en effet des mystères en ce monde qui demeurent insondables et qui, parfois, feraient mieux de le rester. Comment expliquer, ainsi, qu’une comédienne telle que Cate Blanchett ait pu perdre l’Oscar l’année d’Elizabeth? Surtout face à… Gwyneth. Oh, bon. L’australienne débarque à la fin du mois au Théâtre de la Ville et pour la première fois sur une scène française. Elle est accompagnée de la troupe du Sydney Theatre Company pour jouer la pièce de l’allemand Botho Strauss, Grand et petit, ou plutôt Big and Small, puisque donnée dans sa traduction en anglais sous-titrée français et transportée pour l’occasion de l’ex-RDA au Maroc… Ô ma tête! J’en ai la migraine. Toujours est-il que Cate Blanchett sera Lotte, une femme qui cherche sa place dans la ville, dans la vie.

A l'heure américaine | 13.03.2012 - 12 h 18 | 7 COMMENTAIRES
La nouvelle heure américaine : semaine 11 – 2012

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[Je dois dire un grand merci à NecRubikon, qui se donne à fond cette semaine pour faire vivre ce blog et entame ses posts avec une parodie décalée en hommage à quelques ambitieuses bitches, frustrées ou déçues du grand écran]

Eve H. est une salope. Pas de pointillés, de guillemets ni d’euphémisme, elle en est une, pure souche. Depuis qu’elle qu’elle a découvert le blog d’YCCallmeJulie, elle n’a cessé de rêver de ce jour où elle pourrait enfin être au devant de la scène, reprendre la rubrique inaugurale du lundi et ainsi briller enfin sous les milles feux de cette rampe. Elle a même créé un compte doublon pour exprimer, en commentaires, son « chagrin » suite à l’annonce de la maîtresse des lieux. Quelle vile manipulatrice… Contentons-nous de nous réjouir d’avoir le recul et la maturité nécessaires pour comprendre que ce genre de petites manigances ont inévitablement une date de péremption, car c’est un fait connu qu’une « nouvelle Anne B. » finit toujours par poindre le bout de son nez pour supplanter la vieillissante Eve H. Pute! Ayons néanmoins l’humilité et la bonté de cœur de lui laisser pour un temps l’illusion que lui renvoie ce miroir déformant. Surtout que, bon, elle prend quand même presque toute la place. [All about Eve]

Bonjour à toutes et à tous. Je suis tellement heureuse et honorée d’être parmi vous présenter cette nouvelle version de la rubrique « A l’heure américaine ». Je n’aurais ja-mais imaginé qu’un jour, une telle opportunité me serait offerte, à moi, qui n’était qu’une simple jeune fille débarquant avec ses rêves de la province de Deep River, de l’Ontario. Mais comme YCCallmeJulie est visiblement consumée par les effets de la fatigue due à son statut de vétéran – et à l’épanouissement de sa vie personnelle, Dieu, c’est d’un ennuyeux – je ne pouvais pas ne pas saisir l’opportunité, enfin, vous laisser, vous, mon public, mon auditoire tant chéri, en manque d’ « A l’Heure Américaine » hebdomadaire. J’ai d’ailleurs rebaptisé à l’occasion la rubrique, en toute simplicité, « A l’Heure de la Nouvelle Américaine: Mitt Romney pour 2012 », bien que ce titre soit encore soumis sous réserve de modification (si Obama repasse, par exemple).

L’événement de la semaine, celui à marquer au fer rouge, est bien évidemment le season finale de The Walking Dead, que l’on attend avec la plus la plus grande ferveur vu que, passé un début de saison assez raté, la série a grandement accumulé en tension et en qualité ces dernières semaines. Il n’y a donc pas de raison que d’espérer que la conclusion de cette saison se termine dans le plus brutal des carnages.

Sinon, la grande nouveauté de la semaine dernière était donc GCB, nouvelle série de Mike Kelley, créateur de l’excellent Swingtown, retiré de la grille de CBS pour ses audiences décevantes mais surtout son sujet trop polémique – une communauté d’échangistes dans une banlieue américaine – pour le public de CBS (à l’origine, probablement du très successful « One Million Moms »). Ou l’histoire d’une ancienne « queen B. » (Leslie Bibb) de retour dans sa ville natale, Dallas, où elle retrouve ses anciennes « camarades » du lycée (menées par Kristin Chenoweth, de Pushing Daisies) qui fomentent ainsi leur vengeance contre la « mean girl » en chef de l’époque, bien que cette dernière assure avoir changé, évolué depuis. Le pilote n’affiche pas une grande ambition, mais ce n’est pas vraiment gênant pour autant : voyez comment la « série phénomène phare de son époque » qui lui sert de lead-in, Desperate Housewives, s’est pris les pieds dans le tapis de son égocentrisme démesuré, à vouloir ressusciter l’esprit de Twin Peaks en le plongeant dans l’ambiance des grands soap operas des années 80, pour finir par se terminer, sans la grande fanfare tant attendue, dans l’indifférence quasi-généralisée, tant elle s’est perdue à faire dériver aléatoirement quatre actrices qui semblent évoluer dans des séries parallèles, devenues toutes aussi détestables les unes que les autres (Nicolette Sheridan aurait mieux fait d’intenter un procès pour avoir éliminé le seul personnage distrayant digne de ce nom), à échouer dans son désir d’être « décalée » pour répondre, chaque année, à une structure ronflante et préformatée, à n’avoir plus aucune cohérence dans l’évolution des personnages et de ses récits. GCB, comme Revenge – l’autre série d’ABC lancée cette année pour pallier à l’absence de la série qui fut une de celles emblématiques du regain d’intérêt pour le grand public et de la critique pour cette forme de fiction longtemps méprisée – avec qui elle partage bien des points communs, part comme elle d’un niveau assez bas pour ne pas risquer de décevoir et, par chance, peut-être aussi comme elle, bénéficier de l’effet de surprise en devenant un vrai bon « guilty pleasure ». Dans GCB, tout est faux, cliché, outrancier ( voir les seconds rôles masculins : le mari « J.R. Ewing » aussi bon conseiller qu’un senseï Miyagi, le mari graveleux et volage, le mari « closeted gay »), tant dans la direction artistique (ces couleurs et ces tenues affreusement criardes) que dans la morale. Mais au contraire de la majorité des critiques, je ne vois ce qu’il y a de si mauvais en cela. Au moins, elle ne risque pas de décevoir comme Suburgatory, qui s’est déjà pris au piège de son « décalage » à la Juno et de son second degré, et déjà reléguée aux oubliettes.

En plus de cette nouvelle comédie rose bonbon, cette semaine est assez gay-friendly, avec la première intrigue romantique entre hommes de Smash … entre le compositeur Tom (Christian Borle) et un avocat John  (Neal Bledsoe). Après un pilote prometteur et en dépit de ses défauts (dont l’horrible cliché de l’ado tête à claques – et mauvais acteur – l’insupportable personnage d’ Ellis, dans lequel, qui plus est, je ne me reconnais PAS DU TOUT), , la série continue néanmoins de captiver,  avec des petits détails comme cette histoire pour le moins intrigante. Intrigante en ce qu’elle ne part pas sur de très bonnes bases. Tom et  John se retrouvent dans la situation du « blind date » réunies par leurs mères respectives (ça, c’est bien) mais Tom adopte un comportement vachard et acerbe avec un homme somme toute adorable car il le trouve « ennuyeux », ou plutôt il trouve ennuyeux de sortir avec un « lawyer » adorable (ça, c’est nul). Le mieux dans cette storyline est la scène post-coïtum où ils se retrouvent tous deux, dans les draps, l’air vague, non pas d’extase mais, se confessent-ils  : leur premier plan Q était… naze!  Et ils en rient! Ça peut paraître anodin, mais je trouve ça assez subtil et audacieux que, pour une fois, non seulement une intrigue ne se focalise pas sur la tension sexuelle et que, de surcroît et contrairement à l’adage conservateur pro-gay ou homophobe, le sexe ne représente pas l’absolu de la relation chez deux homosexuels. Évacuée la tension par le rire plutôt que la sueur, Tom parvient enfin à créer un lien avec John et à le considérer différemment qu’un simple « plan ». L’épisode procure ainsi une conclusion rafraîchissante au traitement d’un sujet assez épineux.

Par contre, le miracle ne s’est toujours pas produit du côté d’Up All Night, une des nouvelles sitcoms du carré comédie des jeudis de NBC (avec Christina Applegate, Will Arnett, Jennifer Hall et Maya Rudolph) qui suit un couple dans une nouvelle dynamique pour eux, à savoir maman qui bosse et papa qui reste à la maison pour élever bébé. Cette semaine, le couple hétéro fait la rencontre d’un couple homo (dont l’un d’eux joué par l’US marshal de Bridesmaids), qu’il trouve suffisamment à son goût pour vouloir à tout prix les inclure dans leur groupe d’amis. On se demande bien pourquoi, tant le dit couple semble posé sur des rails routiniers qui tutoient visiblement celui de Modern Family. Vu par curiosité après m’être lassée assez vite de la série, cet épisode, à l’image des autres, m’a au moins arraché un sourire poli, toujours pour la même raison, soit la présence de la formidable Maya Rudolph.

En parlant de cette dernière, figure du Saturday Night Live, l’autre (relative) déception de la semaine était l’épisode du show culte  qui se targuait de mettre en avant le grand retour de Lindsay Lohan. On a bien vu hélas que malgré toute leur bonne volonté, ils n’ont pas osé miser grand chose sur elle – elle y apparaît, plus que comme hôtesse, comme une guest-star qui a droit à quelques lignes par ci et par là. Et quelque part, vu l’appréhension de l’ancienne Petite Chérie de l’Amérique, qui se repose trop ostensiblement sur la lecture du prompteur et déclame ses lignes sans maîtrise de contraste, on peut à la limite difficilement blâmer équipe du Saturday Night Live tant la jeune fille de 25 ans qui en paraît vingt de plus, égard à ses multiples retouches « Ivana Trumpesques », a encore du pain sur la planche pour retrouver sa bonne étoile. Les meilleurs moments de l’épisode reviennent à Kristen (son hystérie, l’absurdité de ses répliques dans le sketch façon When A Stranger Calls) et le skit « Real Housewives of Disney », dans lequel, lors de la présentation des personnages, Lindsay fut la seule à n’avoir pu décrocher un seul rire du public. La référence, dans le discours d’ouverture de Jimmy Fallon, à la « fille de The Help » (Emma Stone), même si consciente, doit sonner amère à ses oreilles. Aucune chance que ça m’arrive un jour, à moi !

Lundi 12 mars :

  • Alcatraz 1.10 – Sonny Burnett
  • Castle : diffusion de l’épisode 4.18 le 19 mars
  • Gossip Girl : diffusion de l’épisode 5.18 le 2 avril
  • How I met Your Mother diffusion de l’épisode 7.19 le 19 mars
  • Pretty Little Liars 2.24 – If These Dolls Could Talk
  • Skins (GB) 6.08 – Liv
  • Smash 1.06 – Chemistry
  • 2 Broke Girls : diffusion de l’épisode 1.19 le 19 mars

Mardi 13 mars :

  • Body of Proof 2.17 – Identity
  • Cougar Town 3.05 – A One Story Town
  • Glee : diffusion de l’épisode 3.15 le 10 avril
  • Justified 3.09 – Loose Ends
  • New Girl : diffusion de l’épisode 1.19 le 20 mars
  • Parenthood 3.18 – My Brother’s Wedding
  • Raising Hope 1.17 – Spanks Butt, No Spanks
  • Ringer 1.17 – What We Have Is Worth the Pain
  • Southland 4.09 – Risk
  • The River 1.07 – The Experiment
  • Unforgettable : diffusion de l’épisode 1.18 le 20 mars
  • 90210 1.18 – Blood Is Thicker Than Mud

Mercredi 14 mars :

  • Are You There, Chelsea? 1.10 – The Foodie
  • Happy Endings 2.18 – Party of Six
  • Law & Order : SVU : diffusion de l’épisode 13.17 le 11 avril
  • Modern Family 3.17 – Leap Day
  • Outland (Asutralie) 1.06 – Pride
  • Revenge : diffusion de l’épisode 1.18 le 18 avril
  • Suburgatory 1.17 – Independance Day
  • The Middle 3.19 – The Paper Route

Jeudi 15 mars :

  • Awake 1.03 – Guilty
  • Commmunity 3.15 – Urban Matrimony and the Sandwich Arts
  • Grey’s Anatomy 8.17 – One Step Too Far
  • Parks and Recreation : diffusion de l’épisode 4.19 le 19 avril
  • The Big Bang Theory : diffusion de l’épisode 5.20 le 22 mars
  • The secret Circle 1.16 – Lucky
  • The Vampire Diaries 3.16 – 1912
  • Touch : diffusion de l’épisode 1.02 le 22 mars
  • Up All Night 1.20 – Baby Fever
  • 30 Rock 6.12 – St. Patrick’s Day

Vendredi 16 mars :

  • Blue Bloods : diffusion de l’épisode 2.18 le 30 mars
  • Fringe : diffusion de l’épisode 4.15 le 23 mars
  • Grimm : pas de diffusion de l’épisode cette semaine
  • Nikita 2.16 – Doublecross
  • Spartacus : veangeance 2.08 – Balance
  • Supernatural 7.16 – Out With the Old

Samedi 17 mars :

  • The Firm 1.11 – Chapter Eleven

Dimanche 18 mars :

  • Desperate Housewives 8.17 – Women and Death
  • Californication 5.10 – Perverts & Whores
  • GCB 1.03 – Love is Patient
  • House Of Lies 1.08 – Veritas
  • Lost Girl (CA) 2.20 – Lachlan’s Gambit
  • Luck 1.08
  • Once Upon A Time 1.16 – Heart of Darkness
  • Shameless (US) 2.10 – A Great Cause
  • The Good Wife 3.18 – Gloves Come Off
  • The Walking Dead 2.13 – Beside the Dying Fire season finale
  • Upstairs, Downstairs (GB) 2.05 – The Last Waltz
Tout Perso | 07.03.2012 - 11 h 01 | 16 COMMENTAIRES
Ce n’est qu’un willkommen

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Certain(e)s d’entre vous se demandent peut-être ce que cachent mes défaillances ces deux dernières semaines : pas de post journalier, pas du rubrique « à l’heure américaine » ce lundi, quid de YCCallmeJulie?

Je suis navrée de vous l’annoncer mais l’aventure commencée il y a presque un an et demi sur ce blog s’éteint. Enfin, presque. La flamme m’habite toujours et j’essaierais de poster encore un peu, dans le laps de temps que me laissera le planning d’un nouvel emploi qui s’est présenté à ma porte.

C’est donc le moment sentimentaliste et revendiqué des remerciements :

  • à l’équipe éditoriale de Yagg – et tout particulièrement Judith  Silberfeld, qui a relayé journellement (ou presque) les infos que j’avais envie de vous faire partager
  • À la communauté des yaggeurs et yaggeuses qui m’a soutenu, prenant toujours le temps de laisser un commentaire
  • et à celles et ceux que je ne connais pas et qui sont gentiment venus nourrir le flux des 500 visiteurs jour de ce blog.
  • et à ma femme, ma fille, mon cousin issu de germain… (je déconne)

Je me dois de faire une autre confession : ça m’arrache  de voir le potentiel acquis s’étioler par défaut d’alimentation. J’en profite pour lancer un appel à contributeurs (je remercie d’ailleurs NecRubikon qui a ouvert la voix) : oui, toi là-bas qui a un cœur de midinette et qui frôle la tachycardie lorsque apparaît au détour d’un écran le titre de ta série préférée, toi qui ne veut pas louper la moindre production ciné LGBT parce que « merde y’en a marre de se coltiner des amours hétéros », toi qui guette les coming-out si utiles à montrer que « faut de tout pour faire un monde », sache que je mets à disposition cet espace dont les lecteurs et lectrices sont chaleureux, fidèles et avertis.

Donc, à celles et ceux qui ont envie de se lancer, de reprendre la rubrique du lundi sur les séries, de parler de ce qui touche la lesbienne, le gay, la bi ou le trans dans l’entertainment : n’hésitez pas à me contacter (yccallmejulie@gmail.com).

Enfin, si je vous manque vous pourrez toujours faire un tour sur Twitter ou Tumblr qui restent actifs.

Voilà, je vous ai tout dit enfin presque,

merci.

P.S. : je ne peux pas m’empêcher de vous coller une petite vidéo bonus, plutôt que de dire au revoir, je préfère lancer un joyeux « Wilkommen » avec Alan Cumming à qui aura envie de participer.

Rewind | 04.03.2012 - 22 h 52 | 0 COMMENTAIRES
Rewind: Un Nouveau Festival, Howl, The Broken Tower

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DANCING WITH THE SCARS

Tout d’abord, je ne peux m’empêcher de vous recommander, encore, de vous recommander de faire un petit tour au Centre Pompidou, du côté du Nouveau Festival. Oui, je vous rabâche une nouvelle fois sur cette manifestation, mais ce n’est pas faute de vous avoir prévenus qu’il me faudrait un certain temps pour explorer cette manifestation qui s’annonçait sur le papier déjà si riche. En effet, plusieurs surprises s’y sont manifestées à moi cette semaine. Tout d’abord, j’y ai pu voir un très beau spectacle de danse, Them, mis en scène et conçu par le chorégraphe Ishmael Houston-Jones, sur un texte de Dennis Cooper et une partition de Chris Cochrane. De mon point de vue de spectateur contemporain, il m’est quelque peu difficile d’avoir le recul nécessaire pour réellement saisir ce qui y a pu faire naître une controverse à l’époque de sa création, au milieu des années 80, tant le résultat brille surtout par son évidence, son dépouillement et la beauté même de son âpreté. Alors bien sûr, les mots de l’écrivain frappent, comme à son habitude, par leur virulence : sur le côté de la scène, à la fois en marge du dispositif et au cœur même de la mise en mouvements des danseurs, il lit un texte dans lequel il se fait témoin et sujet de rencontres avec des personnages, que l’on devine ou qu’ils annonce disparus, de jeunes hommes moteurs de récits courts et implacables qui trouvent issue presque inévitablement dans la mort et le désespoir. Les danseurs parcourent l’espace scénique dans des rondes comme des rencontres à la recherche d’un dialogue avec l’autre, comme autant de rendez-vous manqués, les mouvements corporels semblent appeler à un désir amoureux et aboutissent presque systématiquement dans des confrontations et échouer dans un cri sourd. Il est très probable que ce soit le fait de mon manque de connaissance de ce domaine, mais je n’ai pu éviter de penser aux bagarres entre bandes de West Side Story, sur un versant hanté et condamné, en observant ces figures de jeunes hommes épris de désirs de liberté, de révolte, d’amour et de contact humains qui leur semblent privés par leur enveloppes corporelles, comme autant d’ échappatoires que des prisons.

GHOST IN THE SHELL

En m’y rendant, j’ai croisé sur mon chemin le légendaire Udo Kier, qui venait vraisemblablement de sortir d’un des tournages de Spiritismes, le projet de résurrection d’oeuvres de grands cinéastes disparues, inachevées et/ou jamais réalisées, sous la direction de Guy Maddin. Alors, en me rendant à une rencontre avec les auteurs de Jerk, en l’attendant, je suis repassé voir ce qui se tramait en bas, et j’ai pu assister au tournage de Ladies Of The Mob, projet fantôme de William A. Wellman où il y avait encore une fois Udo Kier, mais aussi entre autres Charlotte Rampling et Adèle Haenel. On pouvait notamment y voir cette dernière, affublée d’une chemise et d’un chapeau de cow-girl, qui jouait des holsters et tenait dans ses bras, comme un « vrai héros de cinéma », une jeune fille (Victoire Du Bois) pour l’embrasser, ou encore l’acteur allemand affublé d’une robe de chambre/nuisette d’un coton rêche couleur pêche, qui n’avait pas trop l’air de vouloir se faire bombarder sous les flashs qui ne manquaient de crépiter – sauf du mien hélas, du fait du piteux état de mon appareil, et c’est dans ces moments-là que je regrette de ne pas avoir un smartphone – sous l’oeil attentif, respectueux et fasciné des visiteurs. En observant le(s) décor(s, unique mais constamment « revisité » pour les besoins du « film du jour ») de cette scène hétéroclite, et les postures des comédiens, il ne faisait aucun doute que le public avait une vue privilégiée sur un des innombrables recoins de la psyché ludique du grand cinéaste canadien. Par ailleurs, il est non seulement possible d’assister sur place à ces tournages, mais également sur Ie Net, avec un proximité peut-être même encore plus grande, du fait du dispositif des trois caméras, en direct sur le site dédié : http://spiritismes.centrepompidou.fr/. Et ce n’est pas les collaborateurs qui manquent, rendant l’expérience encore plus excitante, car on a pu et/ou on pourra encore y retrouver également Mathieu Amalric, Jacques Bonnaffé, Amira Casar, Géraldine Chaplin, Mathieu Demy, Elina Löwensohn, Maria de Medeiros, Jacques Nolot, Jean-François Stévenin, Robinson Stévenin, André Wilms et d’autres encore…

Clara Bow et Richard Arlen dans "Ladies of The Mob" (1928)

 J’ai aussi pu prendre le pouls du cinéaste Sébastien Lifshitz, dont je connaissais pas encore les activités externes hors du cinéma de fiction (Presque rien, Wild Side, Plein Sud…). Ainsi ai-je pu découvrir une extension de son travail de cinéaste/plasticien en tant plasticien/documentariste à travers deux œuvres, présentes dans le cadre de W. Sebald Fiction, la partie de l’exposition consacrée par Valérie Mréjen à l’écrivain allemand W.G. Sebald, autour du thème de la mémoire. On y trouve ainsi deux de ses travaux sur le thème de la photographie amateur, le diaporama Un Point dans le vide, ou encore une énigmatique série de photos, rassemblées sous le nom Les Parallèles. Cette dernière, composée d’une série de portraits dénichés par l’auteur aux puces de Vanves , qui mettent et sont mis en scène par deux femmes, rapprochées et séparées par les cadres, joue sur la figure du double et du vampirisme de l’imaginaire. En effet, la similitude et la variation de ces duos de clichés activent, par leur abstraction, le besoin de fiction né du regard du spectateur, qui se met à imaginer au fur et à mesure un couple, jamais ensemble à l’image et pourtant constamment associées par la duplication;  Lifshitz imagine ainsi, de son aveu même, que s’opère entre elles deux un « jeu photographique » autour de leur « amour secret », théorie qu’il s’est vu confirmer d’après d’autres images qu’il a retrouvées dans leur album, « discrètement plus suggestives » et non présentées ici, de façon à laisser libre cours à la liberté du spectateur.

Oeuvre "Les parallèles" de Sébastien Lifshitz. Crédits : (c) Hervé Véronèse

LOVE ON THE BEAT

Cette question de la place laissée à l’appropriation par l’imaginaire du spectateur est aussi au coeur de la thématique d’ Howl de Rob Epstein et Jeffrey Friedman, qu’il n’est besoin de présenter car cela a déjà été fait maintes fois par ici. Alors que j’attendais avec impatience sa sortie sur les écrans français, je dois confesser avoir été assez déçu du résultat. En effet, le parti pris qui instaure quatre niveaux de lecture de cet épisode de la vie d’Allen Ginsberg, soit une biographie du poète en pointillés, le récit du procès pour obscénité intenté à son éditeur, la déclamation de ses poèmes devant son public et leur adaptation sous forme de films d’animation me semblent s’enchevêtrer de façon assez aléatoire mais ne me paraissent pas assez creuser le potentiel offert par le sujet, au final assez superficiellement effleuré par le film. Ce qui m’y a le plus plus intéressé, à savoir, le recoupement d’entretiens de l’auteur, joué par James Franco, présente de façon assez intrigante les vues du poète sur son processus de création, au-delà de l’affaire en cours,  aidé en cela par le charme et le charisme de l’interprète, et interpelle par sa facture documentaire. Or, leur impact est relativement banalisé par la redondance de la retranscription des minutes du procès, très conventionnelles sur la forme et, même si elles sont directement issues de la réalité des échanges, proscrivent justement cette place laissée la réception par le public (de l’époque, comme du film) et font pencher le ton du récit sur un mode plus prosaïque et scolaire, avec l’emphase portée aux arguments sur la bienséance et/ou sur la tolérance. Leur caractère propre sur soi et bien-pensant fait que l’intérêt de l’échange intime de l’un est assez annihilé par l’autre, alors que l’un et l’autre répondent à un désir évident d’authenticité, pour autant, il ne permet à la problématique de société de faire vibrer le spectateur, quand bien même on aurait tort de penser qu’elle est aujourd’hui dépassée et demeure actuelle. Mais surtout, l’agencement de ces strates narratives ne permettent de faire vibrer le texte lui-même lorsqu’il est déclamé devant son public, dont le film montre les hochements de tête bien entendus et assez agaçants parce qu’assez sentencieux en ce que, en se projetant directement à la place du « vrai » public, c’est-à-dire celui du film même, ces représentations – en et – du public conforment un espace d’appropriation pourtant nécessaires à tout récepteur des mots du texte. Le pire est peut-être toute la partie d’animation, aussi laide d’un point de vue esthétique qu’elles plaquent littéralement des illustrations sur les mots du poème, alors que le film fait justement l’éloge de la liberté de chacun à le penser par soi-même, contre la censure, et donc contre l’illustration plate. Ainsi, ces procédés – discours sur le discours, mise en relief du suggéré – qui sont proches de ceux convoqués dans The Celluloid Closet ne marchent, de mon point de vue, pas ici, et gâchent quelque peu un film qui à la fois enserre son sujet et ne le laisse pas suffisamment s’épanouir.

AU-DESSUS DES CAPITALES, DES IDEES FATALES

Dave Franco (Harold "avant Hart" Crane)

Paradoxalement, je trouve plus de qualités au film sur une autre figure de la poésie américaine mise en scène et interprétée par James Franco, soit Hart Crane dans le The Broken Tower, adapté d’un livre de Paul Mariani. Sous des allures de biopic plus simple, le film présente quelques épisodes de la vie du poète ainsi que de son art poétique particulier, dans une forme à la fois assez austère, dans son sublime noir et blanc élégiaque, et mettant assez bien en abyme la création même, dans son rythme, traversé de ruptures abruptes autant que de passages d’une longueur – une lecture du poème en public se fait très éprouvante, mais semble-t-il pour le personnage même – et sur un rythme assez déstabilisants mais qui mettent bien en relief l’isolation progressive du poète dans son monde, qui pourtant ne manque pas d’être exploré aux quatre coins, de New-York à Paris en passant par Mexico. Découpé sous formes de « voyages » (qui font référence au recueil de poèmes pour son grand amour, un marin du nom, interprété par Michael Shannon), le film est scandé par ses plages introverties et heurtées qui suivent le poète dans l’émancipation de l’homme par rapport à son désir profond d’exister dans son essence profonde et par-delà les codes établis: la figure paternelle omniprésente ( le film est d’ailleurs dédié au père de James Franco), l’ancrage étouffant d’une vie bien rangée (il travaillera notamment, comme Ginsberg, dans une agence de publicité), et également une sexualité qu’il ne semble à la fois n’avoir jamais renié mais jamais pu totalement saisir (le titre du film fait référence à une des ses dernières relations, hétérosexuelle mais qui, n’empêchant pas son moi homosexuel de persister, participait à son déchirement et ses ravages intérieurs)… Du premier « voyage », celui qui suit l’affirmation du garçon (alors interprété par son jeune frère, Dave Franco) en l’homme qu’il désire devenir, Harold devenant ainsi Hart (le grand frère, James Franco lui-même, donc) jusqu’au dernier, celui qui mènera à son suicide, le film est vraiment touchant dans sa volonté de suivre le personnage au travers de ses multiples « voyages », des évasions de cadres géographiques en épisodes amoureux, en passant par l’incessant rappel à l’ordre de la pauvreté et de la nécessité pour la contourner de mettre en sommeil sa raison d’être véritable, en n’offrant qu’assez peu de perches au spectateur, autre que les mots du poète, que l’on retrouve de plus en plus en raréfiés au fur et à mesure que l’homme se débat dans son existence, comme si le souffle que son art lui inspirait, les battement de cœur qu’il constituait, ne pouvaient en dépit de tout s’échapper de sa personne, même au bord du gouffre et de la dépression. On a ainsi là un film qui va bien au-delà de la simple « illustration »: exigeant mais humble, fragile et rugueux, tout en rendant hommage de façon discrète mais omniprésente au caractère même de la singularité de l’auteur. J’espère ainsi que le film parviendra à se frayer un chemin sur nos écrans un jour, même si, et ce même aux États-Unis, les affres de la distribution ne lui sont toujours pas vraiment cléments.

James Franco (Hart Crane)

A l'heure américaine | 27.02.2012 - 16 h 59 | 8 COMMENTAIRES
A l’heure américaine : semaine 9 – 2012

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Cette semaine, la grille s’enrichit d’une nouvelle production anglo-saxonne, en l’occurrence australienne, avec un zoom sur une série comique d’ABC1 Outland qui relate les aventures burlesques d’un groupe de cinq gays fans de SF.  Il y a Max (Toby Truslove) qui cherche l’amour, Andy (Paul Ireland) qui enchaine les aventures,  Rae (Christine Anu) le pilier et seule femme du groupe,  Fab (Adam Richard) cabotin et précieux, et enfin Toby (Ben Gerrard) riche mais socialement coincé. Le tout est adapté d’un court-métrage (visible en trois parties sur youtube part1, part2, part3). Ci-après le trailer :

Ce jeudi débarque aussi le pilote d’Awake, que j’avais évoqué en début d’année et dont le concept s’avère comme une gageure scénaristique puisque la série nous invite à suivre les vies parallèles et simultanées d’un policier, Michael Britten, qui n’a jamais réussi à se remettre du tragique accident qui a décimé sa famille et qui, depuis, vit entre deux réalités, l’une où son fils est encore vivant, l’autre où c’est sa femme. Les septs premières minutes, ci-après, réussisent clairement à m’alpaguer :

http://youtu.be/uU4EWtMP3RQ

Enfin, j’avais envie de conclure sur une petite leçon de vocabulaire, intriguée par le mot « leap », utilisé la semaine dernière comme titre générique de l’épisode de 30 Rock « Leap day », aussi utilisé cette semaine par Modern Family et également repris, avec une variante temporelle « Leap Year »,  dans The Middle. Je me devais donc, occurrence répétitive oblige, de préciser que l’adjectif, littéralement mal traduisible en français, s’apparente à l’idée de saut, de bond.  Des sauts et des bonds, on en a fait cette nuit pour les leap frenchy artists qui ont pécho 5 oscars. Le film continue de faire des émules puisque, après le teaser de L’Age de glace 4, c’est au tour de Helmut Fritz de faire une parodie pour le lancement de son nouveau single « Les Filles » :

Lundi 27 février :

  • Alcatraz 1.08 – Clarence Montgomery
  • Castle 4.17 – Once Upon A Crime
  • Gossip Girl 5.17 – The Princess Dowry
  • How I met Your Mother 7.18 – Karma
  • Pretty Little Liars 2.22 – Father Knows Best
  • Skins (GB) 6.06 – Nick
  • Smash 1.04 – The Cost of Art
  • 2 Broke Girls 1.18 – And the One-Night Stands

Mardi 28 février :

  • Body of Proof 2.16 – Home Invasion
  • Cougar Town 3.03 – Lover’s Touch
  • Glee : diffusion de l’épisode 3.15 le 10 avril
  • Justified 3.07 – The Man Behind the Curtain
  • New Girl : pas de diffusion cette semaine
  • Parenthood 3.18 – My Brother’s Wedding
  • Raising Hope : pas de diffusion cette semaine
  • Ringer 1.15 – P.s. You’re An Idiot
  • Southland 4.07 – Fallout
  • The River 1.05 – Peaches
  • Unforgettable 1.17 – Blind Alleys
  • 90210 : diffusion de l’épisode 4.17 le 06 mars

Mercredi 29 février :

  • Are You There, Chelsea? 1.08 – Those Damn Yankees
  • Happy Endings 2.16 – Cocktails & Dreams
  • Law & Order : SVU 13.16 -Child’s Welfare
  • Modern Family 3.17 – Leap Day
  • Outland (Asutralie) 1.04 – Fab
  • Suburgatory 1.16 – Poetic Injustice
  • The Middle 3.18 – Leap Year
  • Touch : diffusion de l’épisode 1.02 le 19 mars

Jeudi 01 mars :

  • Awake 1.01 – Pilote
  • Grey’s Anatomy : diffusion de l’épisode 8.17 le 15 mars
  • Parks and Recreation 4.17 – Campaign Shake-Up
  • The Big Bang Theory : pas de diffusion cette semaine
  • The Vampire Diaries : diffusion de l’épisode 3.16 le 15 mars
  • Up All Night 1.18 – New Boss
  • 30 Rock 6.10 – Alexis Goodlooking and the Case of the Missing Whisky

Vendredi 02 mars :

  • Blue Bloods 2.16 – Women With Guns
  • Fringe : diffusion de l’épisode 4.15 le 23 mars
  • Grimm 1.13 – Three Coins in a Fuchsbau
  • Nikita : diffusion de l’épisode 2.16 le 16 mars
  • Spartacus : veangeance 2.06 – Chosen Path

Samedi 03 mars :

  • The Firm 1.09 – Chapter Nine

Dimanche 04 mars :

  • Desperate Housewives 8.15 – She Needs Me
  • Californication 5.08 – Raw
  • House Of Lies 1.08 – Veritas
  • Lost Girl (CA) 2.18 – Fae-nted Love
  • Luck 1.06
  • Once Upon A Time 1.14 – Dreamy
  • Shameless (US) 2.08 – Parenthood
  • The Good Wife 3.16 – After The Fall
  • The Walking Dead 2.11 – Judge, Jury, Executioner
  • Upstairs, Downstairs (GB) 2.03
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