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YCCallmeJulie
mes pérégrinations dans l'entertainment lesbien (et gay)
Veni Vidi Movie | 16.03.2012 - 14 h 49 | 0 COMMENTAIRES
mode et cinéma : Tilda Swinton, un biopic sur Saint-Laurent et Bergé, la tentation de la « pixie cut »

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Contrairement à ce que l’on pourrait croire, Jo S. n’est pas aussi imbue d’elle-même, ni n’a les dents aussi longues que les clichés sur sa fonction inspirent d’habitude. Elle a d’ailleurs commencé dans un univers tout à différent, dans une librairie du Quartier Latin. Or, c’est justement, et paradoxalement, cette humilité, additionnée à sa pétulance toute juvénile, qui la font la remarquer et la propulse spécialiste des tendances de la mode et amie des people, rôle qu’elle assume à son corps défendant mais auquel elle se donne avec une authenticité inaltérable et avec un sincère dévouement. C’est la belle ingénue dans toute sa splendeur. D’ailleurs, elle en est peut-être un peu agaçante à nos yeux de pauvres vieux aigris que nous sommes, voire insolente – mais aussi touchante, donc, par son absence de délicatesse, de savoir des usages de la bienséance et de la politesse hypocrite. [Drôle de frimousse]

 J’adorerais voir Tilda Swinton, cette année encore, monter les marches pour nous éblouir de sa stature de déesse à la fois approchable et hors de ce monde, de son sens inné d’élégance sans effort qu’elle a encore démontré cette semaine à Paris chez Lanvin, et, plus encore, chez Haider Ackermann. C’est incroyable qu’une femme de son âge nous file les plus grands complexes de nous autres, passionnées de mode mais qui semble-t-il avons un long chemin à parcourir, si tant est que nous arrivions un jour à parfaire à un tel niveau l’évidence d’être soi-même sans jamais émuler une autre, ni prouver quoi que ce soit à quiconque, et d’atteindre un tel degré de perfection esthétique. Celle-ci n’est pas un absolu en soi, mais quand on a la preuve qu’elle peut exister, et de façon aussi brute et insécable, impossible d’ignorer cet idéal, et il n’est même pas besoin de l’imiter: Tilda nous montre que la plus grande beauté qu’on puisse laisser transparaître est d’ être en accord avec soi-même.

D’ailleurs, en parlant de cinéma, il y avait une autre grande nouvelle cette semaine, pour la maison Yves Saint-Laurent, en plus de l’arrivée d’Hedi Slimane en remplacement de Stefano Pilati. Ainsi, deux ans après le documentaire Yves Saint-Laurent, l’amour fou, Wy films a annoncé la mise en chantier d’un long-métrage de fiction, cette fois-ci, sur le mythique grand couturier et de son associé, Pierre Bergé, avec aux commandes de celui-ci, le tout émoustillant Jalil Lespert, fort du succès récent de son deuxième long-métrage en tant que réalisateur Des Vents contraires.

Bon, là, c'est Marc Jacobs et Peter Marino à l'expo Louis Vuitton, mais que ce serait chouette si ça ressemblait à ça!

« On m’a souvent proposé de faire un film de fiction sur Yves et moi-même. Je n’avais jamais été convaincu des différents projets » a commenté l’inamovible compagnon de route de l’homme à lunettes, et de poursuirve  « Jalil Lespert est venu me voir avec sa sensibilité, son enthousiasme, sa vision créatrice, j’ai vite compris que j’avais face à moi le réalisateur capable de raconter cette histoire ».  Peut-être qu’un jour il faudrait que je devienne à mon tour grande couturière, ou mécène d’un(e), j’adorerais un jour un Jalil Lespert venir me voir avec « son enthousiasme » et « sa sensibilité ». Hihi!

Sinon, j’aurais mon petit mot à dire sur cette « mode » des cheveux courts, de la « pixie cut » chez les jeunes premières. Certes, ça va bien sur certaines (moi, par exemple, ça me fait ressortir mes traits et me va comme un gant), mais pas forcément sur toutes d’entre nous. Je sais qu’Emma Watson l’avait fait pour auditionner pour le rôle de Rooney Mara dans Millenium, mais ça fait un moment qu’elle n’a plus d’excuse. Elle pourrait arguer que ça le ferait aussi pour donner une touche « badass » dans son prochain rôle dans le prochain Sofia Coppola, mais aucune des filles du « Bling Ring » (dont s’inspire le film et auquel il lui donne le titre) n’a les cheveux aussi courts. Et surtout, je ne trouve pas que ça lui aille mieux que ses jolies bouclettes, enfin, c’est un avis, et mon conseil. Je donnerais le même conseil à Léa Seydoux, qui a une des chevelures les plus splendides de l’industrie. Alors certes, dans ce cas, le tournage prochain de Le Bleu est une couleur chaude pourrait le justifier, mais c’est poussé trop loin: on dirait plutôt qu’elle va jouer Jean Seberg ou Twiggy là! Bon, ça n’enlève presque rien à sa beauté, mais elle vont me manquer ces boucles blondes.

Celle qui n’a aucune excuse, par contre, et qui doit arrêter sur le champ, c’est Dianna Agron, elle qui fut si belle autrefois si elle avait été sans le savoir la référence pour le personnage de Serena van Der Woodsen : désormais, elle ressemble au mieux à Hillary Clinton, au pire à Claire Chazal. De plus, elle est loin d’avoir la carrière et les opportunités des deux jeunes actrices sus-citées. En repoussant ses cheveux, elle pourrait marcher sur les pas d’Amber Heard. Bon, celle-ci n’a non plus la carrière ultime de la jeune première, mais je ne vois pas, pour l’instant, à quoi de plus elle pourrait inspirer. En parlant de cette dernière, d’ailleurs, je n’ai rien à dire, elle est par-faite. Mais alors, vraiment. Alors, du coup, je ne comprends pas son obsession à « jouer » les sex-symbols de façon aussi ostentatoire quand elle n’en a clairement pas besoin, vu la beauté qu’elle irradie. Donc, mon conseil, mesdemoiselles et mesdames: courts ou longs, prenez garde aux tendances et soyez conscientes de ce qui vous valorise ou non. Non pas pour le regard des autres, surtout pas des hommes ni des autres femmes non plus, mais parce que vous savez, en vous regardant dans le miroir, ce qui vous correspond, ce qui potentiellement le peut ou ne le peut pas. Ça ne sert à rien de jouer les icônes de mode, on l’est, ou le devient, parce que l’on est propre à soi-même. A ce sujet, un dernier mot à Charlotte Gainsbourg : tu es magnifique, et Nicolas Ghesquière est souvent inspiré. Votre association relève souvent du génie mais ce message t’est adressé, peut-être plus encore à toi qu’à d’autres : on te l’a dit et redit, un blouson en cuir, un marcel blanc et un jean, et tu es une déesse. Nicolas a parfois un talent fou, mais des fois, si vraiment tu ne saisis pas ce qu’il voit, peut-être vaut-il mieux écouter cette petite voix dans ta tête qui te dit: « Sois juste toi-même »!

Veni Vidi Movie | 16.03.2012 - 12 h 01 | 13 COMMENTAIRES
« Bye Bye Blondie » : quand on n’a que l’amour à s’offrir en partage

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Hier soir, dans le cadre du « Jeudi, c’est gay-friendly » organisé par Yagg, j’ai découvert, comme les spectateurs de la salle 1 pleine à craquer du Gaumont Opera Premier, le troisième film de Virginie Despentes : Bye Bye Blondie. Avant de m’étendre sur ce projet attendu par la communauté et les fans de cette figure littéraire punk-trash qu’est Despentes, je me dois de préciser que je n’ai pas lu le roman éponyme duquel est adapté le film.

Ceci étant posé, la première chose que j’aurais envie d’écrire est : Bye Bye Blondie n’est pas un film lesbien. Quoi? Mais, elle a fumé la neige YCCallmeJulie? Le pitch c’est quand même ça : « Gloria (Béatrice Dalle) et Frances (Emmanuelle Béart) se sont rencontrées dans les années 80. Elles se sont aimées comme on s’aime à seize ans : drogue, sexe et rock&roll. Puis la vie les a séparées, et elles ont pris des chemins très différents. Vingt ans après, Frances revient chercher Gloria… »

J’argumente donc : Bye Bye Blondie raconte une histoire d’amour, avant tout. Et Despentes, qui nous fait plaisir – précisant hier soir que la visibilité des personnages gays et lesbiens au cinéma se réduit au profit d’une production familiale, a pris la décision de faire d’un des protagonistes de son roman une femme.  Mais le film n’est pas pensé comme un film lesbien, comme une de ces productions qui veut absolument parler des LGBT, chose qui n’est pas un mal en soi. Mais Dieu que cela fait du bien de voir un film où il se trouve que l’intrigue pourrait aussi bien marcher avec un couple hétéro qu’avec un couple homo. Pour ma part, c’est libératoire : c’est juste comme ça et il n’y a pas besoin de justifier.

Autre réflexion que j’ai envie de vous soumettre à propos de Bye Bye Blondie : une grande réalisation avec une mauvaise histoire ne fait pas un bon film et, à contrario, une bonne histoire avec une réalisation moyenne ne fait pas un mauvais film ; et c’est cette dernière proposition que je retiens. L’intrigue est puissante en ce qu’elle réussit le tour de force de nous faire croire à une rencontre improbable  – entre ce qu’on qualifierait dans les années UMP d’une ratée et d’une bourge décomplexée – qui tient sur un seul argument : l’esprit punk. Mais c’est quoi l’esprit punk ? De ce que nous montre Despentes, c’est d’abord la rage adolescente d’une Gloria hystérique, boostée au Berurier Noir, qui fait un séjour en HP parce qu’elle n’a pas la capacité de la mettre en veilleuse comme Frances, elle, issue de la bourgeoisie et qui s’oppose au carcan familial par l’expression de son homosexualité. Si rencontre il y a, c’est parce que Frances tombe sous le charme du « no limit » de Gloria qu’elle séduit par une attitude de petite butchette sûre d’elle assez savoureuse. Ce qui unit les deux adolescentes, c’est la liberté, l’absence de responsabilités sociales que représente l’esprit punk (au regard de ce nous impose la société moralisante d’aujourd’hui, on a tous envie de traîner sur un terrain vague, à boire de la Kro en écoutant « Beaucoup de libertés » de la Souris Déglinguée) . Si la réalisation n’est pas sidérante, Despentes rend un hommage nostalgique à la période punk dans un montage à l’image salie et granuleuse qui résume le bonheur adolescent des deux héroïnes et se perd en gros plans sur des visages pépères que viennent rehausser des coupes de cheveux qui appellent, aujourd’hui, le sourire.

Si je parle d’une réalisation moyenne, c’est surtout du au premier quart d’heure du film qui, il faut bien le dire, m’a fait pousser un : « oh merde, c’est quoi ce téléfilm? » Béatrice Dalle balance des affaires dans la cour d’un immeuble, signe de la rupture avec son mec, avant de rejoindre un squat bar/atelier d’artiste. Là, via notamment le personnage de la serveuse, Despentes introduit le personnage de Frances (et de son mari) qui trône sur la couverture d’un magazine. On a à peine le temps d’apprendre que Gloria connaît Frances et hop, cette dernière se pointe sur le palier. Bref, ces retrouvailles sont téléphonées et torchées. S’ensuit rapidement un premier flash-back (le film alterne constamment entre le temps présent et le temps passé du comment et ce qu’ont vécu les deux adolescentes) qui nous montre Gloria faire une crise d’hystérie sous les regards ahuris de ses parents. Une autre angoisse me monte : « zut, j’aime pas ce déballage de pathos ». Mon a priori se renforce quand je subis à l’image une Béatrice Dalle et une Emmanuelle Béart, jouant – toujours dans ce premier quart d’heure – assez mal les affres de la passion.

Puis, plus on avance et plus le film se met à respirer. Via d’abord la présence de Pascal Gregory, mari de convenance et romancier gay, qui entretient néanmoins un véritable amour/amitié avec Frances. Sa préciosité (en opposition à la férocité de Gloria) apporte quelques saynètes rafraichissantes, notamment celle de son rituel japonais d’auteur bloqué. La fraicheur vient également des flash-backs et de l’excellent jeu, pour le coup, de la jeune Gloria (Stéphanie Sokolinski) et de la jeune Frances (Clara Ponsot).

Enfin, je voudrais saluer le choix de Despentes : même si je ne suis pas renversée par le jeu de Dalle et de Béart, je trouve que symboliquement le casting est réussi. Les deux actrices sont deux beautés, deux révélations des années 80 : l’une avec 37,2° le matin (1985) et l’autre avec Jean De Florette (1986). Despentes est connue pour son goût de la phrase choc. La violence dans Bye Bye Blondie n’est pas verbale mais visuelle : oui, c’est le choc que de voir ces deux visages en gros plans, qui sont marqués, ont perdu leur beauté d’antan. Et ce n’est pas un hasard si, au cours d’une scène de rupture dans une boîte lesbienne, Despentes glisse une reprise par Sasha Andres et Lydia Lunch du titre de Léo Férré : « Avec le temps ». Oui tout fout le camp, y compris le physique. Alors que reste-t-il ? l’amour. Despentes nous sert un happy-end revendiqué auquel on croit, malgré les gueules vieillissantes, malgré les différences sociales, malgré les conventions. Et le titre qui me vient à l’esprit pour décrire cet amour ne peut être que celui chanté par Brel :

Quand on n’a que l’amour
A s’offrir en partage
Au jour du grand voyage
Qu’est notre grand amour
Quand on n’a que l’amour
Mon amour toi et moi
Pour qu’éclatent de joie
Chaque heure et chaque jour
Quand on n’a que l’amour
Pour vivre nos promesses
Sans nulle autre richesse
Que d’y croire toujours

P.S. : je ne vous colle pas la bande-annonce du film en fin de post, parce que franchement, je ne trouve pas qu’elle donne envie de voir le film et c’est bien dommage.

Veni Vidi Movie | 15.03.2012 - 11 h 04 | 0 COMMENTAIRES
Festival de Cannes : retour sur le certain regard d’ « Oslo 31 Août » et rumeurs sur la sélection 2012

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Hildy J. est une femme brillante, à la fois en avance sur et en phase avec son temps. Elle parle avec une gouaille inimitable, un débit de mitraillette, un charme volatile mais percutant et ensorceleur, ne craint pas la domination des hommes, mais juste à leur montrer qu’elle peut être l’égale, voire plus, des Henry C., Jean-Marc L, Stéphane B. et autres Serge D. de ce monde. Elle n’a toutefois pas besoin de les imiter, elle est juste satisfaite d’être elle-même et en ça, ironiquement, elle pourrait très devenir califesse à la place de la califesse, ou très vite suppléer à l’arriviste, la « déjà vieille » Eve H. Enfin, peut-être aussi est-elle un peu prétentieuse sur les bords. [La Dame du vendredi]

Depuis partout, et toujours, le cinéma n’a cesse de célébrer la suprématie de la jeunesse, de l’adolescence et la post-adolescence, comme si elle représentait le climax de l’existence, sa quintessence, sa raison d’être. Il semble aussi difficile hier qu’aujourd’hui de dépasser la simple fonction de « divertissement »: le grand spectacle étant surtout admiré pour ses vertus d’échappatoire. Ah, puissance de l’éphémère! La technologie se perfectionne comme pour toujours plus relativiser la qualité de la notion de « réel » et la marque du temps. Or, que se passe-t-il quand on a justement passé sa jeunesse à consumer la vie par les deux bouts, comme si demain ne pouvait être qu’autre chose qu’une abstraction intangible, une impossibilité tactile qu’il fallait ignorer pour « embrasser le présent » qui n’existerait que par lui-même, et qu’on se réveille un jour, adulte désaxé dans un monde qui vit à sa propre allure sans vraiment s’attacher à la myriade des infinies particularités des existentialismes appréhendés selon et pour chaque être? Comment se reconstruire quand on s’est peu à peu laissé dériver des autres et de leur inexorable marche en avant? Comment se relever après avoir subi la meurtrissure de l’échec personnel et qu’on a plus la même force qu’auparavant pour construire et entreprendre, ou peut-être même le courage, la témérité que nous permettait notre inexpérience?

Ces questions sont toutes savamment travaillées autour du très beau film du norvégien Joachim Trier, Oslo, 31 août, adapté du même roman de Drieu La Rochelle qui servit Le Feu Follet de Louis Malle. On y suit ici les vingt-quatre heures de la vie d’Anders (Anders Danielsen Lie) un jeune trentenaire  tout juste sorti de cure de désintoxication,  issu d’un milieu plutôt aisé mais et qui s’est perdu en cours de route dans le confort de la chaleur trompeuse de l’héroïne. Jeune, mais plus tout à fait, et ne se sentant certainement plus comme tel, il reprend contact avec ses proches, tous plus ou moins installés dans leurs petites vies confortables, et s’obstine à reprendre contact avec celle qui fut son grand amour. Instruit et intelligent, il ne perçoit pas forcément ses qualités comme étant forcément un avantage. Chez lui, elles se traduisent par un trop-plein de lucidité qui l’empêchent d’avoir la force de lutter, et en cela, l’aveuglent sur la réalité ou son manque de potentiel (qu’il semble voir, peut-être à tort, trop clairement que les autres).

Aussi joyeux qu’est le film, il ne tombe jamais dans la sécheresse coupante qu’on peut attendre d’un projet sur un ex-drogué. Son addiction, d’ailleurs, est sûrement moins le sujet principal que sa solitude, ou du moins son profond sentiment de solitude, qui l’empêche d’émerger ou de s’immerger dans cet état, comme le montre une scène pathétique, mais sans jugement, au début. Cette solitude est accrue par l’incapacité que ses liens les plus tangibles avec sa « vie d’avant » semblent incapables de réellement percer le mystère de sa mélancolie à la fois criante et sourde. Son meilleur ami ne cesse de mettre les pieds dans le plat par excès de légèreté. C’est ce qui se passe paradoxalement le mieux pour Anders, mieux que la précaution inconsciemment cruelle bien que prudente que d’autres, comme sa sœur, tiennent. Cette soeur, qui est si bien installée dans sa vie qu’elle prend peur d’être « atteinte » de déception, envoie ainsi une ancienne amie avec qui elle vient de renouer déjeuner avec son propre frère, sans se douter de l’impact (ou le minimisant) de l’envoi d’un intermédiaire. Les autres amis sont presque installés avec maris femmes et/ou enfants, ou au pire, ou dans l’acceptation du status quo opéré par le travail du temps et de la nécessité de l’avant. Quant aux promesses offertes par la rencontre d’une ancienne petite amie, ou d’une jeune fille tout juste à l’aune de sa « vie d’adulte », elles renvoient le trentenaire à son inquiétude étrange mais constante, à l’amertume d’un miroir trop évanescent pour ne pas lui rappeler la fragilité de cette insouciance.

Il ne faut pas croire que le film est glauque et désespéré dans l’absolu, la tendresse est proéminente même, que dans ce soit dans le regard du cinéaste sur son personnage, dans la mise en scène, dans l’ambiance et le ton du film. Or, c’est peut-être cette subjectivité qui rend le parcours plus angoissant pour le spectateur, comme si toute cette douceur ne pouvait être que fausse et destinée à être détruite, comme une tension sous-jacente que l’on devine par les choix de scénario et montage. Le film est très sophistiqué à ce sujet. On n’est jamais dans l’exposé et, souvent, la mise en scène se projette dans le regard, l’imaginaire de son protagoniste (la scène du café où il écoute, s’absorbe des expériences autres, ou invente leurs possibles). En somme, voilà un très beau film sur « tous les idées, les maux abîmés », sur le fait d’être d’une « génération désenchantée » – au passage, la bande-son est excellente.

Le film faisait partie de la selection « Un Certain Regard » l’année dernière et on espère que le cru cannois de cette année offrira  d’aussi belles surprises. Un mois avant l’annonce des sélections officielles, les rumeurs courent inévitablement et progressivement sur toutes les lèvres, se dégonflent ou s’affirment. On a en tout cas eu le top départ cette semaine, avec l’annonce du film d’ouverture, Moonrise Kingdom, de Wes Anderson, qui, sans grande surprise, promet donc une belle montée des marches dès le lancement: Bruce Willis, Edward Norton, Frances McDormand, Harvey Keitel, Tilda Swinton et Bill Murray.

Les annonces des distributeurs précisent d’autres films sur les radars: Cosmopolis de David Cronenberg, avec Robert Pattinson, Paul Giamatti, Samantha Norton, Sarah Gaddon, Mathieu Amalric et Juliette Binoche, annoncé pour le 23 mai, De Rouille et d’os, de Jacques Audiard, avec Marion Cotillard, Matthias Schoenarts, Céline Sallette et Bouli Lanners, avancé au 17 mai, ou encore Sur la route de Walter Salles (voir l’article de jaydee). On peut voire même espérer The Master de Paul Thomas Anderson, avec Joaquin Phoenix, Philip Seymour Hoffman, Amy Adams et Laura Dern, qui semble terminé – les frères Weinstein envisagent sérieusement de sortir le film en octobre, mais on peut d’ores et déjà faire une croix sur The Grandmasters de Wong Kar-Wai, l’Arlésienne déjà attendue l’année dernière et qui ne pourra être prête avant grand minimum décembre. Il y a bien évidemment nombre d’autres rumeurs plus ou moins bien fondées, mais attendons un peu avant de se gaver dans le jeu des pronostics.

Court Métrages | 14.02.2012 - 14 h 22 | 10 COMMENTAIRES
Court-métrage : « She said Lenny », rencard drôle et touchant entre une lesbienne et une hétéro

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She Said Lenny, court-metrage du canadien Jim Donovan réalisé en 2010, c’est un peu un version de la webserie Seeking Simone inversée. Ellen (Michelle Giroux), hétéro, attend dans un restaurant français l’arrivée de son rencard avec qui elle a échangé près d’une centaine de messages. Sauf que ce n’est pas un Monsieur qui arrive mais une Madame. Construit sur un flash-back, le film nous montre Ellen, nettoyant une tâche de vin sur son chemisier et interpeller la caméra pour nous dire : « Elle a dit Lenny », un nom de garçon, et pas Jenny (Kate Hewlett) , la jeune blonde qui attend à la table. Plus la soirée avance, avec en inserts les répliques face caméra d’Ellen qui raconte, toujours planqué dans les toilettes, ce qu’elle attend d’un  partenaire, plus les deux femmes se raprochent et ce, sous l’obstination de Jenny, qui propose un petit jeu pour décoincer la nerveuse Ellen, une sorte de gage-ou-vérité (soit on répond à la question vérité, soit on bouge sa chaise pour se rapprocher de l’autre). Le vin aidant, Ellen se laisse charmer par la blonde étudiante à moitié sans le sou et totalement cute. Et Jenny de lui donner un baiser sur la main écourté par l’arrivée du garçon français (Jean-Michel Le Gal). Dans sa précipitation honteuse, Ellen retirant sa main et renverse du vin sur son chemisier. Bouclage du flash-back : on comprend maintenant ce qu’elle faisait terrée dans les toilettes. Jenny attend, effeuillant la rose qu’elle a approtée à sa belle. Déçue et triste, elle décide finalement de quitter la table. C’est alors que le serveur, fait jouer sa french touch et tel, un cupidon, glisse une des pétales de rose laissées en vrac sur la table par Jenny sous la porte des toilettes avec ce commentaire en français :

Ce que nous appelons une rose embaumerait autant sous un autre nom.

Le tout se conclue sur une chute musicale des plus mignonnes. Bref, ce n’est pas tous les jours qu’on dégote un court-métrage lesbien sympathique, drôle et raccord avec la Saint-Valentin.

Personnalités LGBT | Rewind | TV Shows | Veni Vidi Movie | 12.02.2012 - 10 h 55 | 1 COMMENTAIRES
Rewind: « Kill Your Darlings », « Week-end », Stephan Elliott, « Smash »

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AMERICAN (& BRITISH) IDOLS

Cette semaine, on continue dans la série « l’histoire LGBT vue d’Hollywood, c’est trop cool ». Alors que, mercredi prochain, le public français va enfin pouvoir décider qui de David Cross (I’m Not There) ou de James Franco (Howl, qui sort mercredi) aura le mieux incarné Allen Ginsberg à l’écran, il faudra désormais ajouter à l’équation Daniel Radcliffe qui n’en finit plus, en reprenant le rôle du poète, de conforter son statut gay-friendly. Lors de la Berlinale, on a appris que Michael C. Hall, Jennifer Jason Leigh et Kyra Sedgwick viendraient étoffer encore plus le casting déjà impressionnant de Kill Your Darlings, où l’on retrouve déjà Ben Foster (William Burroughs, notre pédé junkie préféré), Jack Houston (sous les traits de Jack Kerouac), Elizabeth Olsen (sœur des célèbres jumelles, et révélation de Martha Marcy May Marlene), Dane deHaan (Chronicle) et Harry Potter himself donc.

Le film s’inspire d’un fait-divers où, en 1944 :  le journaliste Lucien Carr (deHaan) assassina son ami David Kammerer (Hall) et convoqua pour sa défense alors l’argument de «gay panic defence », réunissant les figures-phares de la « Beat Generation » qui défendirent leur ami inculpé. Si l’on aurait vite fait d’accorder un crédit à sa parole quand le méchant prédateur homosexuel prend les traits de Dexter Morgan, on se rappelle aussitôt qu’on avait repéré pour la première fois deHaan, comme Mia Wasikowska, dans la série In Treatment, en adolescent gay perturbé et instable, rôle qu’il conforte visiblement dans Chronicle. Ce projet alléchant est la première réalisation de John Krokidas et sera produit par l’iconique et inévitable productrice lesbienne, Christine Vachon, et la sortie du film est programmée aux US pour 2013.

Tom Cullen

Ce sont autant d’angles sur l’homosexualité, aussi réjouissants et qui semblent tellement inspirer les cinéastes, qui me donnent encore plus hâte de pouvoir découvrir le 28 mars le très attendu film du britannique Andrew Haigh, Week-end, découvert notamment en France à l’automne au festival « Chéries-Chéris » (dont certains Yaggeurs semble-t-il), qui promet d’être débarrassé de tous ces tics (aussi efficaces et nécessaires qu’ils peuvent s’avérer, face à l’histoire racontée) sur la caractérisation des homosexuels à l’écran, mais aussi ceux de certains cinéastes gays eux-mêmes, pouvant pêcher par excès de (auto?) complaisance, puisque le véritable tour de force du film est d’avoir réussi à séduire un public large, autant si ce n’est plus (à son échelle, cela va sans dire) que Brokeback Mountain, autour d’une simple histoire romantique entre deux hommes. On me rétorquera que, certes, le film d’Ang Lee n’est pas super jouasse non plus, et que, si ça se trouve, ils meurent à la fin! Le buzz s’est en tout cas développé de façon assez intrigante pour m’interpeller, et je suis ravi qu’un jeune inconnu comme Tom Cullen, non content de rafler bien des prix un peu partout, fasse la sensation avec un tel rôle, et qu’Andrew Haigh confirme son talent, après Greek Pete, bien au-delà du cercle des festivals. Assurément une de mes plus grandes attentes de l’année.

 

PRISCILLA QUI MANGE UN SVELTESSE, CA VOUS ETONNE?

Vous aussi, vous confond(i)ez John Cameron Mitchell avec Stephan Elliott? Bizarrement, non, me direz-vous, car si le public et la critique ont rapidement confirmé les espoirs placés en l’auteur d’ Hedwig and The Angry Inch, ils ont tout aussi vite fait de jeter l’éponge avec celui de Priscilla, folle du désert. Et pour cause, pour ceux qui ont avait vu le pénible Voyeur (remake de Mortelle Randonnée) et ne sont probablement pas dérangés pour Un Mariage de rêve, « costumade » et bluette peut-être sympathique mais déjà tombée dans l’oubli. Le cynique en moi n’a pu s’empêcher de soupçonner un potentiel « P.R. stunt » lorsque, il y a deux semaines, lors de la cérémonie des AACTA (Australian Academy of Cinema and Television Arts) Awards, il a fait, à 47 ans, son coming-out devant le gratin de l’industrie australienne :

Fondamentalement, j’avais peur de qui j’étais. En fait, j’étais terrifié à l’idée r d’être gay. Même après Priscilla, je me suis mis au vert parce que fondamentalement j’avais peur de ma famille. Et ce soir, je fais mon coming-out.

Mais en relativisant, il faut bien admettre qu’il n’est pas donné à tous d’avoir la force de caractère et la personnalité affirmée du réalisateur de Rabbit Hole, et que, vu de France, où ce n’est (pour la plupart) qu’une simple formalité, il n’est pas évident de concevoir que la sexualité d’un réalisateur, si elle ne constitue pas un atout, ou du moins juste un simple fait, puisse être un obstacle dans l’épanouissement d’une carrière. Or, si l’on croit ses termes, ce n’est ni l’un ni l’autre, mais d’abord une étape personnelle et d’un geste très intime, dont il n’appartient à personne de juger, surtout pas ceux qui se plairaient à se dire que pour eux, c’est une formalité, ça se fait comme de passer une lettre à la Poste. Il n’empêche que dans cette histoire, ce qui est le plus triste, c’est que, non seulement, bon nombre de spectateurs « supposaient » déjà l’éventualité de cet état de faits, mais que, de toute évidence, cela l’a clairement handicapé dans son évolution artistique. Reste à espérer qu’au moins, ça lui permette de faire de bons films maintenant parce que bon…

 

« THAT » ‘S ENTERTAINMENT

Je n’avais jamais remarqué que la Saint-Valentin pouvait constituer un prétexte calendaire de sweeps (périodes de ventes d’espaces publicitaires où les séries ont le potentiel de se faire un maximum de promotion et d’audience) , ce qui paraît évident pour un mois de février, mais ça l’est encore moins quand on se dit que, quand même, une série qui attendrait la moitié des épisodes diffusés pour développer les relations sentimentales de ses personnages pourrait ainsi trahir sa difficulté à les faire évoluer sur un rythme normal. Donc, pas de baiser gay pour moi dans cette semaine dans Happy Endings (je ne suis pas à jour, et j’aime pas les spoilers!) ni lesbien dans Glee (faut dire que j’ai arrêté avec les niaiseries estampillées Ryan Murphy). Surtout, que, de façon assez invraisemblable, j’ai trouvé celle qui la remplacera – ou plutôt, qui aura le potentiel d’accomplir tout ce qui manque à mes yeux dans la série de la FOX – dans mon coeur, et ce, en un seul épisode, c’est-à-dire la sensation Smash, le dernier bébé – et, à ce stade, dernière bouée de sauvetage – de NBC. Comme le fait remarquer YCCallmejulie, « vous échangerez les querelles inters couloirs du lycée de Glee pour les rivalités de jeunes actrices, les egos de metteur en scène et les problèmes financiers des producteurs ». Certes, ne soyons pas dupes, le postulat n’est pas sans facilités, et surfe allègrement, comme Glee avec American Idol, sur la vague des télé-crochets musicaux dont le  « lead-in » est The Voice, qui vient de trouver un bon tremplin en diffusant son « season premiere » à la suite du Super Bowl (qui a connu cette année un nouveau record d’audience – et qui lui-même s’est vu offrir une mini-polémique complètement pourrie mais toujours efficace quand il s’agit de faire parler de soi avec un doigt d’honneur de 1/38 de seconde par M.I.A. , invitée avec Nicki Minaj pour le show de mi-temps de Madonna).

Pour en revenir à Smash, ce qui est rafraîchissant est de se trouver devant des personnages d’adultes qui ne sont pas caractérisés comme des pisseuses de 14 ans: l’auteur (Debra Messing) et sa vie de famille chamboulée par sa vie professionnelle, l’envers peu reluisant d’un financement où une rancune personnelle peut mettre dans le coma la gestation de longue date d’un projet (Angelica Huston et son futur ex-mari qui n’hésite pas anéantir une production), la jeune ingénue (Katharine MacPhee, ex-« rebut » d’American Idol) déjà bien épanouie dans le privé qui ne renonce néanmoins pas à ses rêves, la méchante blonde (Megan Hilty, qui a fait ses preuves sur les planches et dont les courbes, enfin réalistes, se distinguent) qui n’est pas « méchante » (juste « blonde », comme Marylin) et surtout qui court le risque de voir ses rêves écrasés par la potentielle absence d’un « petit plus » malgré une formation professionnelle très carrée… Après, il y a bien d’autres clichés moins subtils, et son aspect semi-documentaire/« derrière les coulisses » peut se révéler à double tranchant s’il n’est pas transfiguré, mais c’est un des rares pilotes qui m’a donné envie de croire en son potentiel cette année – mais pas au moins d’être absolument émerveillé et bouche bée par les talents de la jeune ingénue, mais je lui laisse le bénéfice du doute. Souhaitons donc, que, même si comme certains ici, le label ne m’inspire pas plus confiance qu’il ne devrait à la base, il permettra, à l’instar d’autres séries produites par Monsieur Hollywood, de rester à l’antenne assez longtemps pour rectifier les quelques défauts de la série. Vu le naufrage qu’a connu Pan Am en termes d’audience après un début très prometteur, elle n’est pas à l’abri d’une dégringolade mais, encore une fois, je me surprends à avoir envie d’y croire, surtout quand les passages musicaux sont moyennement à mon goût – à la base, celui-ci aurait dû tuer ce projet dans l’oeuf pour moi, et pourtant… On saura assez vite de quoi il en retourne.

Veni Vidi Movie | 03.02.2012 - 15 h 29 | 17 COMMENTAIRES
« En Secret » de Maryam Keshavarz : ma jeunesse (circonstancielle) fout le camp

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Hier, grâce au « jeudi c’est gay-friendly » de Yagg, j’ai découvert le film En Secret de la réalisatrice Maryam Keshavarz qui sort mercredi prochain, le 8 février. J’étais assez impatiente car j’avais repéré ce long-métrage depuis l’année dernière, lorsqu’il était présenté au Festival du Film de Sundance. Le titre international Circumstance (circonstance/situation)  est d’ailleurs bien meilleur que En secret, choix du distributeur Ad Vitam qui est quelque peu réducteur. Parce que l’histoire décrite dans ce film évoque effectivement une circonstance, à savoir une particularité qui accompagne un événement. [Spoilers] L’événement en question c’est le mariage de Mehran (Reza Sixo Safai), ancien toxico perdu qui trouve une ancrage dans l’extrémisme religieux, et de Shirin (Sarah Kazemy) la meilleure amie de sa sœur Atefeh (Nikohl Boosheri) et son amante secrète (la particularité).

La première partie du film (avant mariage) présente, via les deux personnages féminins, une jeunesse iranienne qui contourne la pression du gouvernement pour exulter via des fêtes privées. Atefeh a grandi dans un milieu aisé. Ses parents, Firouz (Soheil Parsa) et Azar (Nasrin Pakkho)  qui mènent à une vie « à l’occidentale », ont d’ailleurs participé à faire la révolution de la fin des années 70. Shirin, elle, vit avec son oncle et sa tante. On l’apprendra au fil du récit, elle est orpheline – ses deux parents, professeurs à l’université, ont été tués par le régime sous prétexte d’avoir tenu des positions antirévolutionnaires. La réalisatrice pose très vite l’antagonisme de la vie de ces deux jeunes femmes qui jonglent entre soirées où l’alcool et la drogue tournent et la rigueur exigée en public (une femme qui prend un taxi seule à la nuit tombée est une femme facile, les femmes ne peuvent pas se baigner dans la mer car cela implique de porter un maillot dénudant, il est interdit d’organiser des concerts, etc). Shirin, beauté silencieuse, est aimantée par la côté rebelle d’Atefeh qui n’a pas vraiment conscience du danger de son attitude frondeuse. Leur amitié tourne rapidement à la relation physique. Cette transgression renforce leur envie de liberté qui les pousse à oser plus. Ainsi, sous la houlette d’un copain fraîchement débarquée des Etats-Unis, elles doublent Harvey Milk pour le faire tourner au marché noir et poser, à leur manière, un acte militant. La scène est d’ailleurs excellente, montrant sur un mode comique, la complexité et dangerosité de la situations des gays dans le pays.

En parallèle au parcours des jeunes femmes, la réalisatrice nous invite à suivre celui de Mehran, le frère qui, on le suppose après un cure de désintox, revient dans la maison familiale. Perdu, décalé par rapport à l’ambiance joviale de la maisonnette, agacé par l’attention sincère paternelle (Firouz, sur ses gardes, lui demande quand même de faire des analyses d’urine), Mehran se réfugie dans la religion et trouve une oreille attentive auprès d’un révolutionnaire intégriste. Plus l’on voit les jeunes filles se lâcher, plus on devine que Mehran se recentre. Il se pose d’abord en observateur, en contrôleur puis en censeur (il en vient à tabasser son ex dealer). Il devient obsédé par la beauté de Shirin. Et on en arrive donc au tournant du récit : Mehran dénonce une fête à laquelle sa sœur et Shirin participent pour faire pression sur cette dernière et la demander en mariage. Et comme l’oncle de la jeune femme cherche à la caser depuis un moment déjà, c’est joué en deux temps et trois mouvements – et ce dans le dos d’Atefeh. On entre alors dans la deuxième partie du film qui me séduit moins. Atefeh, souffre de cette union, se met en retrait jusqu’à ce que Shirin, ne supportant plus l’absence de contact, la rejoigne dans sa chambre. Sans m’étendre sur le final, dramatique mais pas tragique, le récit se resserre, mettant en avant la pression intégriste que porte Mehran.

La réalisation, notamment dans la première partie par d’habiles cuts entre scènes de la vie publique et scène de la vie privée (avec renfort musical – bonne BO d’ailleurs), plante le spectateur dans cet entre-deux que gèrent mal les jeunes femmes. La tension qui se dégage du visage de Shifrin, au regard avide pour Atefeh/fuyant pour l’extérieur, est portée par un usage (pour une fois) très efficace des gros plans. Ce que j’aime moins est la manière dont la réalisatrice traite les quelques passages fantasmés qui posent les désirs des deux protagonistes. Installées tête-bêche sur le lit, Shirin et Atefeh imaginent un futur dans lequel la première serait l’agent de la seconde, devenu danseuse à Dubaï. Ce rêve d’adolescente est illustré par une séquence semi-glamour dans laquelle les deux jeunes femmes, en robes de soirée, se tournent autour et finissent dans le lit d’une superbe villa qui surplombe la mer. Je ne suis guère conquise par ce soulignement un peu lourd et visuellement « petit-bras » si je peux me permettre (à l’inverse du passage où le frère a une crise de manque – très gros plans hypnotiques, musique lancinante, teinte rouge dominante). Du point de vue de la narration, le basculement de Mehran du côté obscur de la force aurait pu être un chouïa plus nuancé. On comprend très vie qu’il s’accroche à la religion comme il l’a fait à la drogue. Mais il n’est pas qu’intégriste, il le devient parce que c’est aussi un obsessionnel. On apprend qu’il a installé des caméras dans la maison pour espionner sa famille et sa future femme. Il manque, à mes yeux, une brève séquence où on le verrait physiquement le faire, ce qui permettrait de graduer la montée en puissance de son caractère.

Je dois confesser que, durant le visionnage, je n’est pas été particulièrement emportée et suis sortie de la séance plus emballée par ce que le film racontait que ce qu’il montrait.  Et puis, ce matin, au réveil, j’y pense encore. Il faut dire, que la grosse qualité du film vient de l’excellent casting. L’ensemble des acteurs jouent particulièrement bien. Au finish, le film a clairement laissé son empreinte, sans que je n’y prenne garde. Pour un premier long, le résultat se pose là. Et, découvrant cette jeunesse iranienne, je ne peux m’empêcher de penser  aux paroles de la chanson immortalisée par Françoise Hardy :

Ma jeunesse fout l’camp
Tout au long d’un poème
Et d’une rime à l’autre
Elle va bras ballants
Ma jeunesse fout l’camp
A la morte fontaine
Et les coupeurs d’osier
Moissonnent mes vingt ans

P.S. [mode je râle] Nous avions le plaisir hier au soir d’avoir la présence de Sarah Kazemy, aka Shirin, qui a éclairé  l’audience sur la situation de la jeunesse en Iran. Ce fut bref. D’autant que M. Francis Huster est intervenu. Il a pris la parole pour finalement ne pas vraiment poser de question à l’actrice qu’il connait mais pour vanter les mérites du film qu’il trouve extraordinaire. Et quelle ne fut pas mas surprise d’entendre, parmi ses premiers arguments, un c’est formidable l’histoire de ces deux femmes, cette relation, « on y croit, on y croit vraiment ». J’ai envie de vous dire M. Huster que c’est quand même le contrat de base d’un film. Ce n’est pas parce que ce sont deux jeunes femmes et que la relation fonctionne à l’écran que c’est « formidablement » un plus. [/mode je râle]

Pubs | Rewind | TV Shows | Veni Vidi Movie | 28.01.2012 - 15 h 48 | 4 COMMENTAIRES
Rewind : les absents des Oscars/Césars, Il n’y a pas de rapport sexuel, House of Lies et Southland

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Aujourd’hui débarque une nouvelle rubrique (à déguster le week-end) nourrie par NecRubiKon qui a accepté d’utiliser l’espace de ce blog pour nous faire part de ses avis sur l’actu ciné, tv, et autres du moment. Cette semaine dans le Rewind de NecRubiKon : les absents des Césars et Oscars, Il n’y a pas de rapport sexuel de Raphaël Siboni et une analyse queer des séries House of Lies et Southland.

WE NEED TO TALK ABOUT TILDA (& CELINE)

Sans m’étendre sur la grande annonce de la semaine, à savoir les nominations aux Oscars nul doute que les plus grands absents de la liste, à savoir Michael Fassbender et Tilda Swinton, n’oublieront pas que 2011 fut une grande année pour eux. Tilda Swinton avait autre chose à fêter cette semaine (en classieux complet Céline – voir photo), à savoir la présentation au Core Club de New York du court-métrage Here, qu’elle a conçu en compagnie de son metteur en scène d’ Io Sono L’Amore, Luca Guadagnino, pour la chaînes d’hôtels Luxury Collection. Qui mieux qu’elle pouvait personnifier cette profusion de minimalisme chic, de classe tout en pudeur et de perfection? Or, semblable à sa déjà légendaire humilité, elle n’a pas choisi de se mettre en scène et a fait appel à une autre déesse pour se mettre de l’autre côté de la caméra, à savoir la sculpturale Agyness Deyn, qui convoque les fantômes des grandes héroïnes hitchcockiennes, de Kim Novak à Tippi Hedren, en les plongeant dans un jeu de pistes, les projetant un peu partout à travers le globe, dans les sites de luxueux hôtels Starwood,  étourdissant de beauté et réminsicent du dernier long-métrage du réalisateur. Il faut le dire, ça a quand même une autre gueule que le néanmoins sympathique court-métrage de John Cameron Mitchell et Marion Cotillard réinvestissaient les rôles de Richard Avedon et Lauren Hutton, et, ironiquement, cela reste dans la droite lignée du grand thème célébré par la profession cette année, à savoir l’hommage par le pastiche à l’Age d’Or du cinéma ( The Artist, le Méliès de Hugo Cabret, ou la Monroe de My Week With Marilyn..;)

Céline Sciamma et Adele Haenel au cocktail des Révélations Césars 2012

Plus près de nous, les nominations des Césars ont, elles aussi, fatalement commis quelques injustices. En même temps, en gonflant plusieurs de ses catégories à sept nommé(e)s, elle a bien pris en compte le caractère assez fastueux de cette année grand cru pour le cinéma français. Bien évidemment, c’est l’absence de Céline Sciamma et de  Tomboy qu’on remarquera immédiatement, mais plus encore, celle de Bertrand Bonello et de son Apollonide (à mes yeux, le plus beau film français de l’année) surtout quand l’Académie essaie de se la jouer aussi bien hipster  (Alain Cavalier et Pater ? Vraiment?), bon et grand  public  (les Toldenano/Nakache et Intouchables) qu’ oecuménique (Aki Kaürismaki et Le Havre). Le fait que, non pas un mais ces trois aient damé le pion à  L’Apollonide – Souvenirs de la maison close me révulse au plus haut point (le premier, surtout). D’ailleurs, à mes yeux, Céline aurait largement également mérité de leur passer devant. Ravi en revanche pour le succès (plus attendu, certes) de Valérie Donzelli et Maïwenn, et, si contre-courant il y a, j’espère qu’une d’elles – voire les deux – emporte la mise en scène, même si il semble que rien ne puisse barrer la barre à Hazanavicius cette année et, sans la considération de Bonello, à juste titre.

MONDO GONZO

Enfin, largement moins glamour, je vous recommande, si ce n’a pas déjà été fait, d’aller voir Il n’y a pas de rapport sexuel de Raphaël Siboni (bande-annonce ici), entreprise de désacralisation cash mais en même temps légère de l’envers du X, à travers un montage constitué à partir de milliers d’heures de rushes des making-of des tournages de l’acteur-producteur-réalisateur HPG. Ici, on appelle un chat un chat, on montre littéralement ce qu’il y a voir, la lumière n’est jamais tamisée et c’est de façon très crue et honnête qu’est présenté l’envers de ces décors. Honnête, car le réalisateur, issu de l’art contemporain, ne cherche pas à tomber dans le glauque ni pour autant à l’éviter. En reprenant pour titre la phrase de Lacan, il met bien en évidence que le spectacle ici présenté est paradoxalement dilué dans un mécanisme étouffant , répondant au rythme de la production industrielle. Pourtant,  il y distille de façon aussi naturelle des moments de tendresse, comme ces deux acteurs se réconfortant dans une étreinte lors d’une pause, ou encore cette obèse joviale qui sortait visiblement d’une longue « saison sèche »;  des moments de cruauté et de drôlerie, parfois en même temps (ah le pauvre acteur « puceau » de tournage qui se voit pour ses premiers pas invité/berné/influencé à tourner une scène gay parce que « oh, c’est con, l’acteur qui devait faire le passif n’est pas là, c’est-y pas dommage », ou encore ces acteurs enthousiasmés par une scène BDSM gay, avec sling et balançoire à la clé, mais avec le sourire imperturbablement scotché aux lèvres, les yeux nimbés de vapeurs de GHB, qui aboutit sur une coda loufoque, dérangeante et puissante de tout ce petit monde en descente, entre sérénité et épuisement).

 THE F WORD

Côté petit écran, Je reviendrais d’abord cette semaine sur la nouveauté House of Lies. Si vous avez été teasé(e) par la vidéo montrée dans la rubrique A l’heure américaine, sachez que vous n’en verrez pas plus : les deux femmes qui fricotent dans les toilettes, semblent avoir été surtout prétexte pour introduire la Némésis de Marty Kaan, le personnage principal interprété par Don Cheadle. Depuis, rien n’a été développé, que ce soit sur un plan narratif ou à l’échelle humaine. Il s’agit de vendre du pitch, de l’accroche publicitaire, un ton subversif (qui consiste surtout à aligner des clichés m’as-tu-vu et une boursouflure de l’ensemble pesant par son inconsistance). Un des seuls fils rouges pour moi viable est Roscoe Kaan (Donis Leonard Jr.) fils du personnage principal qui, dans le pilote, s’habillait en jupes et collants rose/fuschia/mauve et rêvait de jouer Sandy dans une adaptation de Grease pour son école. J’étais donc curieux de voir jusqu’où cette série si « subversive » irait s’aventurer pour développer cette thématique. A priori pas bien loin. Soit c’est juste une phase – après tout, c’est normal, il est trop jeune pour savoir qui il est vraiment, et expérimente donc à sa façon. Soit, c’est une position revendiquée.  Mais, quand le fils, en appât, glisse discrètement à son père qu’on l’a traité de « fudge-packer » (terme qui désigne, en langage imagé, un homo), c’est d’abord pour faire valoir que Marty Kaan est un type bien au fond – pas comme son ex-épouse et mère du garçon, immédiatement identifiée comme mauvaise (elle a rompu contact avec son fils et ne supporte pas l’idée d’avoir donné naissance à un futur « tranny », travesti). Dans le tout dernier épisode, le fils demande de but en blanc s’il est normal d’aimer à la fois un garçon… et une fille. Balancée de façon totale à l’arrache, cette réplique sert, bien sûr, à poser au centre de la scène le papa, ce « héros qui est sûrement bon au fond ». L’ensemble est traité avec lourdeur, arrogance et prétention et,  en guise de personnages, on a surtout droit à des pantins destinés à vendre le ton décalé des séries de la chaîne Showtime. C’est là que le souvenir d’ United States of Tara, qui avait la décence de présenter son personnage de type homosexuel comme un personnage à part entière, s’est rappelé à moi, et que, celle-ci disparue des écrans, je ne vois pas plus rien d’un tant soit peu intéressant à me mettre sous la dent sur cette chaîne.

Rose Rollins - Southland

Dans les bonnes nouvelles, par contre, je suis ravi de reprendre une dose hebdomadaire de l’excellente série Southland, annulée prématurément par NBC – quand on voit ce qui leur reste aujourd’hui, c’est limite bien fait pour leur gueule – et reprise depuis sur TNT.  Pour un cop-show situé à L.A., la série désarçonne vraiment, se rapprochant plus des territoires visités par les Michael Mann, Frederick Wiseman, et des policiers des années 70 que du bling-bling des succès à la CBS. Je suis sûr que certains trouveront à redire sur la description un poil trop parcimonieuse de l’identité sexuelle de l’officier John Cooper (Michael Cudlitz), savamment rebaptisé par les fans « Cuddlybear » ou « l’ourson qu’on a envie de serrer fort dans ses bras »), dont le nom reflète assez bien le caractère classique du personnage.  Après tapé un grand coup de pied dans fourmilière à ses débuts, en nous présentant cet “All-Amercian hero” échappant aux stéréotypes médiatiques des personnages gays, la série a pris avec des pincettes le développement de cet aspect du personnage et ne l’a convoqué que par petites touches. Bien que fines, elles sont visuellement assez fortes, par leur subtilité et leur caractère imposant à la fois, et il n’en faut pas plus – pour l’instant. Lors de la saison précédente, la sexualité de John Cooper n’a pas vraiment été mise en valeur, servant un peu trop de miroir à ses penchants addictifs, mais je ne pense pas qu’elle y a été dépeinte de façon à le noyer dans une spirale. Cette série est magnifique par son réalisme, sa crédibilité, son absence de spectaculaire qui permet à cette dimension-là de rejaillir de façon plus nue et percutante. Du côté des personnages féminins, si l’on regrette l’absence d’Arija Bareikis qui jouait l’officier Chickie Brown, on est soulagé de se rappeler que la détective Lydia Adams est un des plus beaux personnages de la série et à quel point l’actrice qui l’incarne, Regina King, demeure toujours aussi fantastique, fascinante de subtilité et -hélas – cruellement sous-estimée. Si j’attends encore un peu avant de juger l’addition de Lucy Liu au casting, on sera, je pense, tous ravis d’apprendre que Rose Rollins (The L Word) porte aussi bien l’uniforme de flic que celui de militaire.

Veni Vidi Movie | 24.01.2012 - 14 h 43 | 1 COMMENTAIRES
Bande annonce : « Cherry » avec Heather Graham, James Franco, Ashley Hinshaw et Dev Patel

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Cherry, premier film de Stephen Elliot, est plutôt prometteur. Le film se concentre sur le parcours d’une jeune femme de 18 ans, Angelina, qui s’installe à San Francisco et se laisse entraîner dans l’univers du fétichisme porno. La jeune femme est jouée par Ashley Hinshaw, mannequin pour Abercrombie & Fitch, que l’on a pu apercevoir récemment dans LOL, le remake ricain du film éponyme avec Sophie Marceau.

A ses côtés, dans le rôle du meilleur ami, on retrouve le jeune acteur anglais Devl Patel, qui a sévit lui dans Slumdog Millionaire et dans le rôle du pakistanais musulman de Skins. Un cast qui a de quoi séduire les 15-24 ans.

Pour ma part, je lorgne du côté de deux autres têtes d’affiches. L’incontournable et inextinguible James Franco (visible bientôt dans Howl qui sortira le 15 février) qui campe un avocat initiateur et la rafraîchissante Heather Graham qui remet le couvert niveau porno (Boogie Woogie) et aussi niveau LGBT puisqu’elle incarnera Margaret, une réal lesbienne (la question LGBT l’avait déjà taraudée dans Grey Matters). Enfin, on retouve aussi au cast, en mère alcoolique, Lili Taylor.

La bande annonce, toute fraîche, a son charme dans le genre film indépendant sur un sujet casse gueule (comment parler du porno, du fric et du succès sans tomber dans le racoleur) et me donne envie de voir le film dont la date de sortie ne devrait pas tarder à tomber. Enjoy!

http://youtu.be/bDbnqshuYdA

 via Filmaker.com

TV Shows | Veni Vidi Movie | 19.01.2012 - 15 h 29 | 1 COMMENTAIRES
GLAAD Media Awards 2012 : les nominations

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Comme chaque année, le GLAAD remet ses prix, au cours d’une cérémonie en trois temps (New-York le 24 mars, Los Angeles le 21 avril et San Francisco le 2 juin) pour saluer le travail accompli pour favoriser la visibilité LGBT dans les médias (ciné, TV, théâtre, musique, blog, bande-dessinée, etc.).  Il vient de dévoiler la sélection pour cette cuvée 2012. Deux projets attendus pour les films à grande distribution : Albert Nobbs et J. Edgar, plus la belle surprise Beginners. Tomboy de Céline Sciamma (youpi!) est sélectionné dans la catégorie film à distribution limitée, aux côtés de Circumstance, Gun Hill Road, Pariah et Week-end.

On retrouve, pour la télé, des habitués comme  Grey’s Anatomy pour la catégorie drama, Modern Family et Glee tout deux gagnants l’année dernière dans la catégorie comédie.

Je retiendrai côté musique Lady Gaga présente avec son incontournable « Born This Way », côté comics la désormais lesbienne Batwoman qui est revenue en 2011 avec une nouvelle série, et côté blogs l’excellent Towelroad.  Ci-après la sélection en images :

Mon seul regret : les webséries ne concourent pas, ce qui devient problématique quand on voit la qualité des productions en ligne (et là, je pense fortement à Seeking Simone).

Retrouvez l’intégralité de la sélection ICI.

Court Métrages | Veni Vidi Movie | 19.01.2012 - 12 h 51 | 1 COMMENTAIRES
Sundance Film Festival : « Mosquita y Mari », un premier amour entre deux Chicanas

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Le Festival de Sundance commence aujourd’hui et se poursuit jusqu’au 29 janvier. Comme chaque année, la sélection offre son lot de films LGBT (retrouvez sur le site Queerty une compilation des bandes-annonces gay ou gay-friendly). Parmi eux, Mosquita y Mari  de la réalisatrice Aurora Guerrero, un film indépendant qui a pu boucler sa production grâce aux dons sur Kickaster. L’histoire relate le parcours de deux jeunes Chicanas du quartier latino de Huntington Park à Los Angeles. Comme souvent dans les communautés d’immigrés, l’individu passe après la famille. Yolanda (Fenessa Pineda), fille unique, se doit de réussir à l’école tandis que Mari (Venecia Troncoso), plus âgée, aide sa mère à joindre les deux bouts. Et puis Mari vient habiter en face de chez Yolanda. C’est le début d’une amitié dont l’intensité dépasse le simple cadre de l’affection.

Vous allez me dire encore un film sur deux jeunes femmes qui se découvrent lesbiennes. Pas que.  Au delà des étiquettes, la réalisatrice veut surtout mettre l’accent sur la difficulté de se découvrir en tant qu’individu, via un premier amour, alors que le milieu social dans lequel on grandit est très contraignant.

La bande-annonce officielle, à voir ICI, est plutôt engageante.

Aurora Guerrero réalise ici son premier long, après trois courts-métrages dont Viernes Girl (« la fille du vendredi »), l’histoire sympathique d’une sœur, fatiguée de supporter les exploits sexuels journaliers de son frère, jusqu’à ce qu’arrive la fille du vendredi :

 

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