Allison McAtee : la découverte du film Bloomington
Bloomington, premier long-métrage réalisé par Fernanda Cardoso (monteuse sur The Real L Word et America Next Top Model) fait actuellement le tour de festivals LGBT. Comme d'habitude, une sortie France semble peu probable. Je n'ai donc pas attendu pour découvrir ce nouveau projet dont l'histoire reprend une thématique récurrente du récit lesbien (Loving Anabelle, Jeune Filles en Uniformes, Bette Porter de The L Word et Niada, etc) : celle de la rencontre entre une élève et sa prof. Je m'attendais donc à une romance dramatique sans grande surprise et sans être aussi dithyrambique que Danielle Riandeau dans sa critique pour AfterEllen, je dois avouer que le film m'a charmée. Au plutôt, devrais-je préciser, elle m'a charmée :
Je vous présente Allison McAtee, ex- mannequin, petits rôles dans diverses séries TV (Castle, les Experts Miami, Ugly Betty, Nick/Tup) , qui avec Bloomington trouve un beau et rare personnage qui, je l'espère, va lui permettre de rebondir un peu plus haut. Elle tient dans le film le rôle de Catherine Stark, prof de psy surnommée la vampire car elle a la réputation de coucher avec ses élèves (filles ou garçons). Très rapidement, cette femme au look hitchcockien jette son dévolu sur une nouvelle étudiante, Jackie (Sarah Stouffer), ex star d'une série SF à succès. Elle la conduit dans sa grande et belle masure et l'emmène gentiment mais sûrement dans son lit. Le film est d'abord intéressant en ce qu'il propose une première audace : exposer visuellement la liaison entre une femme épanouie et mature et une étudiante qui physiquement fait encore très jeune fille. Le personnage de Jackie est censé avoir 22 ans mais on a plutôt l'impression qu'elle en a 16.
Le film avançant, le personnage de Catherine s'affine. On découvre qu'elle a perdu sa famille dans un accident d'avion. La femme sûre d'elle des cours de classe laisse, dans son quotidien avec Jackie, apparaître une orpheline solitaire et extrêmement attachante. La relation qu'elle entretient avec sa jeune amante oscille entre désir/sensualité et un rapport mère/fille qui, deuxième audace, expose - sans caricature ni voyeurisme - une relation décalée et un peu borderline. La réalisatrice rend peu à peu crédible cette histoire d'amour.
Dans une très jolie scène, Jackie offre à Catherine une séance de vol pour la soigner de sa phobie des avions. C'est l'étudiante qui est en charge, protectrice, et Catherine qui se laisse tenir la main. D'où cette troisième audace : renverser la figure attendue pour montrer la fragilité de la prof et la fermeté de l'étudiante. Catherine aime Jackie mais ne le lui dit pas vraiment, elle l'a pousse à aller de l'avant, au risque de la perdre (Jackie se voit proposer de jouer dans le remake ciné de la série TV qui l'a rendue célèbre). Catherine est totalement lucide sur cette relation. C'est ce qui est plaisant dans ce film : pas de drame inutile. Juste l'histoire d'une belle rencontre et, pour moi, la découverte d'un personnage original finement dépeint.











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J’imagine qu’on ne peut trouver ce film qu’en DL ?
Ca rappelle forcément Loving Anabelle sauf que dans « Loving » c’est l’étudiante qui attire sa prof dans son lit.
@caro : wi que du DL pour l’instant. J’ai préféré à Loving Anabelle, plus subtil.
Loving Anabelle, c’était une grande déception. J’ai hâte de voir Bloomington
Quels pervers, ces profs… C’est quand même fou comme ces histoires nourrissent les films et la tv. Souvent dans les productions lesbiennes, en plus, et souvent pas pour le meilleur. Un fantasme lesbien à la mords-moi-le-noeud ?
(oui, ça me gave, tant ça me semble éculé, ce genre de scénar) (et pas parce que ça renverrait une image toute pourrite des profs, hein)
Perso, j’ai été déçue aussi par Loving Annabelle car trop rempli de clichés alors j’espère que celui-ci sera mieux…
Au risque de me faire taper dessus par @septembre, qui n’a jamais rêvé ou fantasmé sur sa prof (même toi 9) ? Ce n’est pas un fantasme purement lesbien mais c’est un fantasme !
@caro, ouais moi aussi j’ai rêvé sur ma prof (hypothétiquement car, en vérité elles n’étaient pas si charmantes). Tout d’accord avec toi.
Je vous assure que c’est un fantasme fondé et qui peux être réalisé. Non pas au collège/lycée (là ça serait détournement de mineur), mais en école supp (comme dans Bloomington) c’est tout à fait possible.
Je suis d’accord avec toute la critique faite ci-dessus, c’est très juste.
C’est une relation mature (même si l’étudiante fait jeune), qui évolue au cours du film, laissant apparaitre pour les deux personnages principaux, d’autres facettes de leur personnalité. C’est très intéressant, mais surtout c’est très VRAI.
Y’a pas de cliché ou de miévrerie inutile, c’est un couple qui se forme et dont on suit l’évolution jusqu’à un certain point.
J’ai adoré.
PS: Loving Annabelle –> j’ai pas accroché!!
Je viens de terminer Bloomington et désolée mais c’est un véritable navet! J’avais littéralement l’impression de voir un téléfilm des années 80.
Le scénario est convenu (mais ce n’est pas là le problème), l’alchimie entre les deux actrices est limite, la séduction se fait en moins de 15 secondes, les scènes intimes sont ratées (si on considère qu’il y en a) et on ne peut compter les clichés tant ils sont nombreux: la prof qui roule en Porsche, la pseudo-scène de sexe devant le feu ouvert, la star de télé qui pilote un avion, la confession amoureuse à la partenaire endormie …
Seul point positif, l’actrice qui joue la prof s’en sort plutôt bien vu le contexte.
Bref un gros bof.
Sincèrement Loving Annabelle a côté, c’est de la dynamite.
@APM, bah quel extremisme … pour ma part, je dirais que Loving Annabelle est un film pour ados (effectivement boom boom la dynamite).
Bloomington me fait d’avantage penser à du Hamilton, de la mélancolie d’un point de vue adulte sur la jeunesse.
Et Alison Mc Atee est si belle …
Moi aussi je viens de terminer Bloomington et je doois dire que ce film est tres bien construit et je suis d accord avec le commentaire de YCC
les personnages sont tres justes ( aussi bien les seconds roles ) et le film est à regarder comme un dessert
[...] Le film avançant, le personnage de Catherine s’affine. On découvre qu’elle a perdu sa famille dans un accident d’avion. La femme sûre d’elle des cours de classe laisse, dans son quotidien avec Jackie, apparaître une orpheline solitaire et extrêmement attachante. La relation qu’elle entretient avec sa jeune amante oscille entre désir/sensualité et un rapport mère/fille qui, deuxième audace, expose – sans caricature ni voyeurisme – une relation décalée et un peu borderline. » YCCallmeJulie [...]